Manifeste-programme "Pour le salut du peuple de France" de février 1941

En février 1941, le Parti communiste publie un manifeste-programme intitulé "Pour le salut du Peuple de France" dans lequel il plaide pour la constitution d'un "Gouvernement du Peuple" et définit l'ensemble des mesures de "politique intérieure et extérieure indispensables au salut du pays". (Document 1)

Signé par le "Comité Central du Parti Communiste Français (SFIC)", ce Programme de gouvernement prévoit en politique extérieure la Paix avec l'Allemagne nazie (libération nationale) et en politique intérieure la Révolution socialiste (libération sociale).

Diffusé à 100 000 exemplaires, il bénéficiera d'un second tirage identique le mois suivant (1). Il sera aussi reproduit en mars 1941 dans les 20 000 exemplaire des Cahiers du Bolchévisme du 1er trimestre 1941 (2).

Après l'invasion de l'URSS par les armées allemandes en juin 1941, le Parti communiste s'engagera dans la Résistance et abandonnera en conséquence son projet de former un Gouvernement de paix.

Pour terminer, on fera remarquer que le Programme "Pour le salut du Peuple de France" ne figure pas dans les livres d'histoire. A sa lecture on comprend pourquoi.


La Paix par la Révolution socialiste

En septembre 1939, le Parti communiste s'est opposé à la guerre contre l'Allemagne d'Hitler en expliquant que la guerre était impérialiste et que sa cause n'était pas le nazisme mais le capitalisme.

La guerre étant injuste, il s'est mobilisé pour la Paix en précisant que seule la destruction du régime capitaliste pouvait en garantir la pérennité.

La Section Française de l'Internationale Communiste (SFIC) autrement dit le Parti Communiste Français (PCF) a adopté ce projet - la Paix par la Révolution socialiste - sur les recommandations de l'Internationale Communiste (IC). Le secrétaire général de l'IC, Georges Dimitrov, a défini la position de son organisation dans un article publié en France en novembre 1939 sous le titre "La guerre et la classe ouvrière des pays capitalistes" :

"Les impérialistes des pays belligérants ont commencé la guerre pour un nouveau partage du monde, pour la domination universelle, en vouant à l'extermination des millions d'hommes. La classe ouvrière est appelée à en finir avec cette guerre à sa façon, dans son intérêt, dans l'intérêt de toute l'humanité travailleuse, et à supprimer, ainsi, à tout jamais, les causes essentielles qui engendrent les guerres impérialistes."

Pour inciter le gouvernement français à faire la Paix avec les nazis, le Parti communiste a lancé dès le début du conflit le mot d'ordre de "Paix immédiate". Illustration de ce point, un texte de janvier 1940 intitulé "Le Parti Communiste Français (SFIC) en lutte contre la guerre impérialiste" :

"Le Parti communiste français entend éclairer les travailleurs sur les conditions d'une lutte efficace contre la guerre impérialiste, il combat sous les mots d'ordre : A BAS LA GUERRE IMPERIALISTE, PAIX IMMEDIATE, en expliquant aux travailleurs qu'il ne peut y avoir de paix véritable, juste et durable, qu'au prix d'une lutte victorieuse contre la réaction capitaliste de France, contre le gouvernement.
 
Dans un article publié dans l'Humanité n° 40 du 25 avril 1940 sous le titre "Les "Pitt et Cobourg" de 1940",  le secrétaire général du PCF, Maurice Thorez - alors réfugié à Moscou - a revendiqué pour la première fois la constitution d'un Gouvernement de Paix communiste :

"Le gouvernement que veut le pays n'est pas celui des "Pitt et Cobourg". C'est un gouvernement de paix, s'appuyant sur les masses populaires, donnant des garanties contre la réaction, assurant la collaboration avec l'Union Soviétique pour le rétablissement de la paix générale.
Seulement un tel gouvernement assurera l'indépendance de notre pays en le libérant de la tutelle des agents du capital français et anglais."

Après l'offensive allemande du 10 mai 1940, le Parti communiste a maintenu sa ligne pacifiste en appelant le Peuple de France à faire la Paix avec les nazis dans un appel publié dans l'Humanité n° 47 du 17 mai 1940 sous le titre "Pour sauver notre pays et notre peuple de la misère, de la ruine et de la mort" :

"Le Parti Communiste a dit et répété que cette guerre a été provoqué par les capitalistes. Pour avoir réclamé la paix, avant que les massacrent ne commencent, des milliers de ses membres ont été jetés en prison, dans les camps de concentration ou dans les bagnes africains. D'autres sont menacés de la peine de mort ! [...]
Aujourd'hui où l'angoisse étreint des millions d'hommes et de femmes de notre pays le Parti Communiste dit, comme toujours, ce qu'il considère être l'intérêt des travailleurs et du peuple de France.
Le rétablissement de la paix, la sécurité et l'indépendance du pays, la liberté et le progrès social exigent que soit impitoyablement chassé le gouvernement des 200 familles qui a entraîné notre pays dans l'aventure présente. [...]
PEUPLE DE FRANCE ! Pour la paix, le pain, la liberté, l'indépendance, SOIS UNIS !
Lutte pour :
Un gouvernement de paix, s'appuyant sur les masses populaires, prenant des mesures contre la réaction, un gouvernement qui s'entende sans délai avec l'Union Soviétique pour le rétablissement de la Paix générale dans le monde."

Après la signature de l'armistice franco-allemand le 22 juin 1940, le Parti communiste a expliqué qu'il était le seul Parti légitime pour négocié la Paix avec Hitler parce qu'il était le seul Parti à s'être opposé à la  guerre.

C'est la position qu'a exprimé l'Humanité du 24 juin 1940 dans un article intitulé "Construire la paix" :

"L'armistice est signé.
Ah, certes nous serrons les poings à la pensée qu'une autre paix eut pu être conclue en Septembre-Octobre dernier comme la proposaient les Communistes. Mais à cette époque Daladier jugeait que les ordres de la Cité de Londres devaient être obéis.
Construire la Paix ! Voilà donc la tâche urgente. [...]
Pour négocier la paix, il faut pouvoir parler au nom du peuple. On ne parle pas au nom du peuple quand on tient en prison et dans les camps des milliers de militants du peuple. Seul, sera digne de négocier une paix équitable, le gouvernement qui rendra au prolétariat ses droits et sa liberté."

Enfin, en février 1941, le Parti communiste a formalisé son projet pacifiste pour la France dans un Programme de gouvernement intitulé "Pour le salut du Peuple de France".



MANIFESTE

Reprenant la thèse de la guerre impérialiste, le manifeste-programme "Pour le salut du Peuple de France" est un plaidoyer enthousiaste pour la Paix par la Révolution socialiste.

Le manifeste communiste s'ouvre sur un extrait de l'Appel au "Peuple de France !" de juillet 1940 dénonçant la responsabilité de tous les partis politiques dans la guerre et la défaite de la France. Le PCF s'appuie sur ce rappel pour affirmer qu'il est le seul parti légitime pour diriger la France au motif qu'il est le seul parti à s'être opposé à la guerre.

Dans les parties suivantes, le PCF décrit la situation de la France en dénonçant "Le bilan de l'équipe vichyssoise", "La grande misère du peuple de France" et enfin "Les deux clans de Vichy" que sont les pro-anglais et les pro-allemands. Ayant mis en évidence ces rivalités dans le gouvernement de Vichy, il condamne toute participation de la France à la guerre qui oppose l'Angleterre démocratique à l'Allemagne nazie ou pour le dire comme les communistes la ploutocratie anglaise à la ploutocratie allemande :

"Le peuple de France empli d'un profond mépris à l'égard de la tourbe des politiciens de Vichy et de Paris ne veut être ni le soldat de l'Angleterre, ni le soldat de l'Allemagne, ni le soldat de Churchill, ni le soldat de Hitler; il ne veut pas être le soldat de la ploutocratie sous quelque visage qu'elle se présente."

Précisons que dans leurs analyses les communistes considèrent que le rôle du Général de Gaulle est assimilable à celui des pro-anglais de Vichy.

Ayant rejeté toute participation de la France à la guerre impérialiste, le PCF soutient que "le peuple de France veut la paix" et qu'en conséquence "il repousse du pied tous les appels de tous les bellicistes". Il ajoute avec certitude :

"Non, le peuple de France ne veut pas prendre part, à nouveau, à la guerre impérialiste. IL VEUT CREER DES RELATIONS PACIFIQUES AVEC TOUS LES PEUPLES, AVEC TOUS LES PAYS."

La partie suivante montre que "la France doit être l'amie de l'URSS" notamment "parce que la politique de paix ferme et constante du pays des Soviets correspond au désir de paix du peuple français". Pour les communistes l'URSS est le modèle et la garantie de la Paix avec l'Allemagne.

Après avoir plaidé pour l'établissement de relations pacifiques avec l'Allemagne nazie dans le cadre du Pacte germano-soviétique, le Parti communiste désigne le véritable ennemi contre lequel le peuple de France doit se mobiliser : "LE CAPITALISME VOILA L'ENNEMI !".

Le régime capitaliste étant un système économique fondé sur l'exploitation du prolétariat et la cause de toute guerre impérialiste, seule sa "destruction" permettra de relever la France et de garantir une paix durable :

"GUERRE CAPITALISTE ! DEFAITE CAPITALISTE ! ASSERVISSEMENT ET MENACE NOUVELLE DE GUERRE CAPITALISTE ! N'est-il pas clair, aux yeux de tous, après une telle succession d'événements, que c'est seulement par la destruction du régime capitaliste que la France connaîtra la paix et créera les conditions de son relèvement".

Cette première partie du manifeste se termine sur le constat que seul un "Gouvernement du Peuple", autrement dit un gouvernement dirigé par le Parti communiste et son secrétaire général Maurice Thorez, sera en mesure de "réaliser l’œuvre indispensable de salut national".

C'est dans ce cadre d'analyse que le PCF présente son Programme de gouvernement qui prévoit en politique extérieure la Paix avec l'Allemagne et en politique intérieure la Révolution socialiste.

De la seconde partie du manifeste on retiendra cet Appel dans lequel le PCF affirme que son programme pacifiste garantira "la liberté et l'indépendance de la France" :

"FRANÇAIS, FRANÇAISE, OUVRIERS, PAYSANS, INTELLECTUELS, PETITES GENS, RASSEMBLEZ-VOUS DERRIÈRE LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS,
Partout, faites connaître le programme du peuple français, le seul programme qui puisse assurer la liberté et l'indépendance de la France, le seule programme qui balayant les décombres du régime capitaliste pourri ouvrira devant notre peuple, toute larges les voies de l'avenir."

On mentionnera aussi ce passage qui justifiera trois remarques :

"Seul le Parti communiste est qualifié pour montrer au peuple de France le chemin du salut. Les militants communistes, qui en 1936 conduisirent le peuple de France à la victoire du Front populaire contre les 200 familles, sont persécutés aussi bien par les autorités occupantes que par Pétain, parce qu'ils luttent pour défendre le peuple de contre les oligarchies capitalistes, parce qu'ils mènent le bon combat pour la libération sociale et nationale de la France."

D'abord, le PCF fait une référence au Front populaire pour convaincre les français d'adhérer à son programme pacifiste. Ensuite, il affirme que les militants communistes sont persécutés parce qu'ils luttent "contre les oligarchies capitalistes" et non parce qu'ils combattent les Allemands. Enfin, il présente son programme qui prévoit la Révolution socialiste et la Paix avec l'Allemagne comme le programme de "la libération sociale et nationale de la France".


PROGRAMME

Pour connaître précisément le projet que le Parti communiste proposait au peuple de France avant le 22 juin 1941 et l'invasion de l'URSS par les armées allemandes, on présentera l'intégralité de la politique extérieure ainsi que les têtes de chapitre de la politique intérieure de son programme de gouvernement intitulé Pour le salut du Peuple de France :

"Le Gouvernement du Peuple, expression de la volonté nationale et non d'une conjuration de profiteurs comme l'est la clique de Vichy, prendrait immédiatement les décisions de politique extérieure et intérieure indispensables au salut du pays. Ces mesures seraient dans leurs grandes lignes :

I. POLITIQUE EXTERIEURE

1° Libération du territoire national et des prisonniers de guerre. Pour mener cette tâche à bien, le Gouvernement du Peuple mettrait tout en œuvre pour établir des relations PACIFIQUES avec tous les peuples; il s'appuierait sur la puissance que lui conféreraient LA CONFIANCE DU PEUPLE FRANCAIS, LA SYMPATHIE DES AUTRES PEUPLES ET L'AMITIE DE L'UNION SOVIETIQUE.
2° Etablissement de rapports fraternels entre le peuple français et le peuple allemand en rappelant l'action menée par les communistes et par le peuple français contre le traité de Versailles, contre l'occupation du bassin de la Rhur, contre l'oppression d'un peuple contre un autre peuple.
3° Conclusion d'un pacte d'amitié et d'un traité commercial avec l'URSS et poursuite résolue d'une politique de paix destinée à tenir la France en dehors du conflit impérialiste.
4° Proclamation du droit pour les minorités nationales et pour les peuples des colonies, des territoires sous mandat et des protectorats à l'indépendance et à la libre disposition d'eux-mêmes. Le Gouvernement du Peuple exalterait l'exemple donné par l'URSS au sein de laquelle des nations sont unies dans une indépendance complète et dans une égalité absolue de droits.
5° Le Gouvernement du Peuple répudierait tous les engagements publiés ou secrets souscrits avant lui et contraires aux principes de sa politique de paix et d'indépendance nationale.

II. POLITIQUE INTERIEURE

POUR METTRE LES OLIGARCHIES CAPITALISTES HORS D'ETAT DE NUIRE
POUR LES PAYSANS DE FRANCE
POUR LA DEFENSE DES COMMERÇANTS DETAILLANTS VICTIMES DES TRUSTS
POUR LA SANTE DU PEUPLE
POUR LA JEUNESSE
POUR LE JUGEMENT DES RESPONSABLES DE LA GUERRE
POUR LES SINSTRES DE LA GUERRE
POUR LES VICTIMES DE LA GUERRE
POUR LA DEFENSE DE L'INTELLIGENCE FRANÇAISE
POUR LE RETABLISSEMENT DES LIBERTES POPULAIRES.


POLITIQUE EXTERIEURE

En matière de politique étrangère, le Parti communiste propose d'établir des "relations PACIFIQUES" entre la France et l'Allemagne d'Hitler. Il précise même les trois facteurs qui permettront au Gouvernement du Peuple de négocier avec succès un traité de Paix franco-allemand : la "confiance du peuple français" qui a toujours fait défaut aux gouvernements bourgeois, "la sympathie" du peuple allemand que seul le PCF pourra susciter en lui rappelant ses positons pro-allemandes dans l'entre-deux-guerre et enfin le "soutien de l'URSS" dont les relations pacifiques avec l'Allemagne doivent servir de modèle aux relations franco-allemandes.

L'objectif du Parti communiste en politique étrangère est donc identique à celui du Maréchal Pétain et du Régime de Vichy : la Paix avec l'Allemagne nazie.

Pour garantir la pérennité de la Paix, le PCF plaide en outre pour l'établissement "de rapports fraternels entre le peuple français et le peuple allemand". Il souligne que le rapprochement franco-allemand sera facilité par le rappel de ses engagements "contre le Traité de Versailles, contre l'occupation du bassin de la Rhur et contre l'oppression d'un peuple contre un autre peuple".

On fera remarquer que ce rappel qui devra susciter "la sympathie" de Hitler constitue un véritable réquisitoire contre le peuple français puisque le Parti communiste accuse la France, qui est occupée par les armées nazies depuis près de 8 mois, d'avoir humilié le peuple allemand avec le traité de Versailles de 1919 et l'occupation de la Rhur en 1923 !!!

La revendication suivante porte sur une alliance diplomatique et économique avec l'URSS. Cette revendication est assortie d'un engagement ferme de mener une "politique de paix destinée à tenir la France en dehors du conflit impérialiste".

Illustration de ce dernier point, le tract Pour la formation d'un Front National de lutte pour l'Indépendance de la France  de mai 1941 dans lequel le Parti communiste appellera  les Français à se mobiliser pour maintenir la France hors du conflit qui oppose l'Angleterre démocratique à l'Allemagne nazie en soulignant que cette mobilisation soulèvera des "sympathies agissantes" dans le peuple allemand :

"IL NE FAUT PAS PERMETTRE QUE LE PEUPLE DE FRANCE, LES RESSOURCES DE NOTRE PAYS ET NOTRE TERRITOIRE SOIENT UTILISES DANS LA GUERRE ENTRE L'ALLEMAGNE ET L'ANGLETERRE.
[...] IL FAUT CONSTITUER UN LARGE FRONT NATIONAL DE LUTTE POUR L'INDEPENDANCE DE LA FRANCE. [...]
C'est dans la masses du peuple que réside les forces de libération nationale du pays et plus le FRONT NATIONAL DE LUTTE POUR L'INDEPENDANCE DE LA FRANCE sera vaste, puissant, plus il soulèvera de sympathies agissantes parmi les peuples de tous les pays, Y COMPRIS DANS LES RANGS DU PEUPLE ALLEMAND."

Enfin, la proposition concernant "l'indépendance" des peuples coloniaux vise en réalité la France Libre du Général de Gaulle qui s'est installée dans les territoires de l'Empire français pour continuer la guerre contre l'Allemagne. Pour souligner le lien entre l'indépendance des peuples coloniaux et la Paix avec l'Allemagne, on mentionnera l'article "Pas pour l'Angleterre" publié dans l'Humanité n° 58 du 1er juillet 1940 :

"Le Général de Gaulle et autres agents de la finance anglaise voudraient faire battre les Français pour la City et ils s'efforcent d'entraîner les peuples coloniaux dans la guerre.
Les Français répondent le mot de Cambronne à ces Messieurs; quant aux peuples coloniaux ils pourraient bien profiter des difficultés que connaissent leurs oppresseurs pour se libérer. VIVE L'INDEPENDANCE DES PEUPLES COLONIAUX."


POLITIQUE INTERIEURE

En matière de politique intérieure, on retiendra deux mesures tirées du chapitre "POUR METTRE LES OLIGARCHIES CAPITALISTES HORS D'ETAT DE NUIRE" :

"Nationalisation sans indemnité des banques, compagnies d'assurances, mines, chemins de fer et de l'ensemble des sociétés capitalistes aryennes et juives (électricité, produits chimiques, textiles, métallurgie, gaz, etc...). [...]
Recensement des fortunes et biens des gros capitalistes (aryens et juifs) en vue de prélèvement ou confiscation pour subvenir aux besoins immédiats des masses laborieuses."

On notera que dans cet extrait le Comité Central du Parti Communiste Français utilise un vocabulaire emprunté aux nazis. En effet, il divise les capitalistes en capitalistes "aryens" et capitalistes "juifs" pour souligner que les nationalisations et les confiscations s'appliqueront aussi aux capitalistes "juifs" !!!

La dénonciation des capitalistes juifs était récurrente dans la propagande communiste comme l'illustre ces extraits tirés uniquement de l'Humanité :

- l'Humanité n° 67 du 5 août 1940 :

"Il n'y a pas de bons ou mauvais capitalistes. Qu'ils soient catholiques, juifs, protestants, libres penseurs ou francs-maçons, les capitalistes sont les exploiteurs du peuple".

- l'Humanité n° 68 du 14 août 1940 :

"Pendant que le peuple souffre et que des milliers de malheureux crèvent de faim, les ploutocrates, les rois de la finance, étalent de scandaleuses fortunes.
Neuf grandes banques : Le Crédit Lyonnais, le Comptoir d'Escompte, la Société générale, le Crédit industriel, la Banque de Paris, la Banque de l'Union parisienne, la banque nationale pour le commerce et l'industrie, le Crédit Commercial et le Crédit du Nord représentent un capital de....... 2nbsp;milliards 532 millions . [...]
Capitalistes catholiques, juifs, protestants et autres sont associés à la tête de ces banques. Il faut faire rendre gorge à ces messieurs pour donner du pain aux travailleurs. Il faut nationaliser ces banques. IL FAUT FAIRE PAYER LES RICHES !"

l'Humanité n° 85 du 25 octobre 1940 :

"Ne serait-il pas juste, alors que tant de gens souffrent, d'exproprier les grands capitalistes aryens et juifs pour donner du pain et du travail à tous ?
Le peuple pense que ce serait juste, et il sait que les communistes le feraient s'ils étaient au pouvoir."

- l'Humanité n° 102 du 5 mars 1941 :

"Les travailleurs qu'ils soient aryens ou juifs sont frères et ils ont pour ennemis les capitalistes qu'ils soient aryens ou juifs."

Autre élément d'intérêt du programme communiste en matière de politique intérieure, le chapitre "POUR LE JUGEMENT DES RESPONSABLES DE LA GUERRE" dans lequel le Parti communiste dresse une liste nominative d'hommes politiques de la IIIe République qui devront être jugés par une nouvelle juridiction - la "Cour suprême de justice populaire" - pour leur  responsabilité dans la guerre franco-allemande de 1939-1940 !!!


L'HUMANITE

Dans la clandestinité, les organisation communistes - Parti, mouvement de jeunesse, syndicats, comités populaires - défendront à chaque échelon - central, régional, local - le programme pacifiste "Pour le salut du Peuple de France" en utilisant une variété de supports : journaux (Document 2), tracts, papillons, brochures.

Le vecteur le plus important de cette propagande sur le plan hiérarchique sera l'organe central du PCF : l'Humanité.

La première mention du Programme "Pour le salut du peuple de France" apparait dans l'Humanité n° 101 du 22 février 1941 :
"C'est sous le titre Pour le salut du peuple de France qu'est publié le programme du Parti Communiste Français (SFIC). Militants ! Faites en sorte que chaque français, que chaque française puisse le lire."
Le numéro suivant - l'Humanité n° 102 du 5 mars 1941 - appelle aussi les militants communistes à diffuser le programme du Parti :
"DEMANDEZ, LISEZ, FAITES CONNAITRE le programme du Parti Communiste publié clandestinement sous le titre "POUR LE SALUT DU PEUPLE DE FRANCE" Le programme de la libération sociale et nationale de notre pays".
Le numéro spécial de l'Humanité du 18 mars 1941 commémorant la Commune de Paris publie un article de Maurice Thorez et Jacques Duclos intitulé "De 1871 à 1941 - Les capitalistes d'aujourd'hui sont les dignes héritiers des versaillais" dans lequel il est écrit que les militants communistes ont le "devoir" de faire connaître aux masses le programme du Parti :
"Comme le recommande le programme du Parti que les communistes ont le devoir de faire connaître par la masse des Français, il est indispensable qu'ouvriers, paysans, petites gens, ménagères, mères de famille luttent pied à pied pour défendre leur pain et celui de leurs enfants; il est indispensable aussi que les travailleurs qui suivaient hier les chefs du Parti radical et du Parti socialiste s'unissent à leurs communistes pour former un véritable Front populaire de lutte qui demain fera flotter à nouveau sur note pays, et cette fois pour toujours, le grand drapeau du pain, de la liberté et de la paix, le drapeau de la France libre et indépendante."
Enfin, dans son numéro spécial du 1er mai 1941 - tiré à 1 000 000 d'exemplaires (3) - l'Humanité rend hommage au programme communiste, au Parti communiste et à la Jeunesse communiste dans un article titré "Pour le Salut du Peuple de France" :
"C'est sous ce titre que le Parti communiste a publié son programme de libération sociale et nationale de la France qu'il faut faire connaître à la masse des Français pour leur montrer le chemin de la délivrance.
Vive le Parti communistes français (SFIC) qui lutte sous la direction de son Comité central et de ses chefs aimés Thorez, Duclos, Marty, Cachin, Frachon, Ramette, Monmousseau, etc...
Vive la Jeunesse communiste qui, dirigée par Raymond Guyot, travaille à rassembler la jeunesse de France sous le drapeau du communisme."
On pourra aussi illustrer la propagande du Parti communiste avec un papillon - support de propagande de taille réduite permettant un grand tirage - et un tract.

Dans le papillon "Pour le salut du peuple de France" diffusé au printemps 1941 on peut notamment lire :

"C'est sous ce titre que le PARTI COMMUNISTE a publié clandestinement
LE PROGRAMME DE LA LIBERATION SOCIALE ET NATIONALE DE LA FRANCE"

Diffusé à la même période le  tract "Les capitalistes français sont les uns au service de l'Angleterre les autres au service de l'Allemagne. Aucun n'est au service de la France" porte la mention suivante :

"Français, Françaises, demandez, lisez l'Humanité (clandestine). Demandez, lisez, le programme du Parti Communiste "Pour le Salut du Peuple de France", le programme de la libération nationale de notre pays."


Invasion de l'URSS

Le 22 juin 1941, l'Allemagne est en mesure d'envahir l'Union soviétique en raison de leur frontière commune issue de leur partage de la Pologne en septembre 1939. Cette attaque marque la fin de l'alliance germano-soviétique dont le fondement était le Pacte de non-agression du 23 août 1939 et le Traité de frontières et d'amitié du 28 septembre 1939.

On fera remarquer que sans cette initiative d'Hitler les communistes auraient été les alliés des nazis jusqu'en 1954 aux termes de l'article 6 du Pacte germano-soviétique :

"Le présent traité est conclu pour une durée de dix ans avec cette stipulation que, si l'un des deux contractants ne le dénonce pas une année avant l'expiration de ce délai, la durée de la validité de ce traité sera considérée comme prolongée automatiquement pour une période de cinq ans."

Pour sa défense l'URSS peut compter sur le soutien de l'Internationale communiste qui mobilise immédiatement ses membres.

La Section Française de l'Internationale Communiste (SFIC) autrement dit le Parti Communiste Français (PCF) reçoit ses Instructions dans un télégramme du 25 juin 1941 co-signé par Maurice Thorez : 

"Le moment est venu rechercher et organiser contacts directs avec mouvement gaulliste, dont partisans comprennent que lutte héroïque peuple soviétique contre agression hitlérienne répond intérêts peuple français et que libération France est liée à victoire Union soviétique. Collaboration doit s'établir sur la base suivante. Lutte commune pour libération nationale. Efforts communs contre ennemi commun, le fascisme allemand". (4)

Dans ce télégramme, Moscou recommande aux communistes français de "rechercher et organiser contacts directs avec mouvement gaulliste" pour combattre ensemble un "ennemi commun : le fascisme allemand".

Appelé à lutter contre l'occupant allemand, le Parti communiste ne qualifiera plus la guerre contre l'Allemagne nazie d'impérialiste. Elle sera désormais analysée comme une guerre anti-fasciste. Il abandonnera son projet de former un Gouvernement de Paix. Son programme pacifiste intitulé "Pour le salut du Peuple de France" sera donc caduc et ce grâce à l'action... de Hitler. Enfin,  il n'accusera plus le Général de Gaulle d'être un traître au service de l'impérialisme anglais. Il le célèbrera comme un patriote qui se bat pour libérer son pays de la barbarie nazie avec le soutien de l'héroïque Angleterre.

Le Parti communiste s'engage dans la Résistance dans le but de libérer sa patrie : l'Union soviétique.

Preuve que cet objectif est bien celui des communistes, l'IC précise que "libération France est liée à victoire Union soviétique" autrement dit la libération de la France sera la conséquence de celle de l'Union soviétique. La première est donc subordonnée à la seconde.

Tous ces éléments imposent de faire une claire distinction entre Résistance française et Résistance communiste. La première fondée par le Général de Gaulle en juin 1940 a pour objectif de libérer la France. La seconde initiée par le PCF en juin 1941 est un soutien à l'effort de guerre soviétique.

La création par les communistes de structures non partisanes ayant pour objectif la libération de la France ne sera qu'une tactique visant à recruter des Français pour combattre les Allemands. L'objectif stratégique sera toujours le même.


HISTORIOGRAPHIE

En publiant en février 1941 son programme de gouvernement, le Parti communiste expose avec clarté son projet pour la France : former un Gouvernement du Peuple qui établira des "relations PACIFIQUES" entre la France et l'Allemagne et instaurera des "rapports fraternels entre le peuple français et le peuple allemand" dans le cadre "d'une politique de paix destinée à tenir la France en dehors du conflit impérialiste".

Symbole et aboutissement de la politique pacifiste du PCF entre 1939 et 1941, le programme "Pour le salut du peuple de France" n'est jamais mentionné ni par les historiens communistes ni par les historiens officiels puisque ce texte contredit leur thèse. Les premiers soutiennent que le PCF s'est engagé dans la Résistance à la défaite de la France en juin 1940, les seconds qualifient d'attentiste la politique du PCF pour la période antérieure à son entrée dans la lutte armée en juin 1941.

D'ailleurs, dans les rares cas où les historiens font référence à ce texte, ils n'en retiennent aucunement la dimension pacifiste. On citera comme exemple un extrait de l'ouvrage "Le PCF dans la guerre" de l'historien Stéphane Courtois : 

"En févier 1941, un texte de fond, intitulé « Salut au peuple de France [sic]. Manifeste programme du comité central du PC (SFIC) », confirme l'infléchissement de décembre 1940. L'Humanité s'y réfère dès le 22 février 1941. La direction y fixe les objectifs à court terme d'un « gouvernement du peuple ». En politique extérieure, elle réclame la « libération du territoire national et des prisonniers de guerre ». Mais, si cet objectif répond aux intérêts nationaux de la France, le PCF n'indique aucun moyen d'y parvenir". (5)

L'historien considère que le manifeste-programme "Pour le salut du peuple de France" illustre la ligne patriotique du PCF au motif que ce texte "confirme l'infléchissement de décembre 1940". Cet infléchissement fait référence à la brochure La politique de Montoire-sur-(le-)Loir publiée en décembre 1940 que l'historien analyse comme une manifestation du patriotisme du PCF au motif que ce texte est une condamnation de la collaboration pétainiste.

En réalité, cette brochure reflète parfaitement dans ses deux parties le pacifisme du PCF. En effet, la première partie condamne la politique du Maréchal Pétain au motif que la collaboration pétainiste ne garantira pas la Paix avec l'Allemagne. Quant à la seconde, elle est consacrée au projet du Parti communiste qui prévoit notamment la constitution d'un gouvernement de Paix dirigé par son secrétaire général, Maurice Thorez. On fera remarquer que le motif pour lequel la politique du Maréchal est condamnée ainsi que le projet pacifiste des communistes ne sont pas mentionnés dans l'analyse de Stéphane Courtois.

L'historien indique ensuite que le Parti communiste fixe dans ce programme, qualifié de patriotique, un objectif qui "répond aux intérêts nationaux de la France" : "« libération du territoire national et des prisonniers de guerre »". Il ajoute que ce dernier n'indique, toutefois, "aucun moyen d'y parvenir".

Pourtant, le programme du PCF fixe clairement le moyen de parvenir à la "Libération du territoire national et des prisonniers de guerre" :

"Pour mener cette tâche à bien, le Gouvernement du Peuple mettrait tout en œuvre pour établir des relations PACIFIQUES avec tous les peuples; il s'appuierait sur la puissance que lui conféreraient LA CONFIANCE DU PEUPLE FRANCAIS, LA SYMPATHIE DES AUTRES PEUPLES ET L'AMITIE DE L'UNION SOVIETIQUE."


(1) B. Bayerlein, M. Narinski, B. Studer, S. Wolikow, Moscou, Paris, Berlin. Télégrammes chiffrés du Komintern, 1939-1941, 2003, p. 409. (Télégramme du 6 mai 1941 d'Eugen Fried, représentant de l'Internationale communiste auprès du PCF (Bruxelles), adressé à Georges Dimitrov, secrétaire général de l'Internationale communiste (Moscou). Fried transmet à Dimitrov les statistiques qu'il a reçues de Duclos concernant les tirages des publications communistes entre novembre 1940 et mai 1941. Il indique pour le mois de février 1941 la publication à "100 (000)" exemplaires de la "Plate forme de masse du parti"  et pour le mois de mars 1941 une "Deuxième édition plate-forme".)
(2) Ibid. p. 409. [(Voir note 1). "Cahiers du Bolchévisme - 20 (000)"].
(3) Ibid. p. 409. [(Voir note 1). "Premier numéro de mai Humanité - un million"].
(4) B. Bayerlein, M. Narinski, B. Studer, S. Wolikow, Moscou, Paris, Berlin. Télégrammes chiffrés du Komintern, 1939-1941, 2003, pp. 441-442.
(5) S. Courtois, Le PCF dans la guerre, 1980, pp. 161-162.


Document 1 : Les Cahiers du Bolchévisme du 1er trimestre 1941 reproduisent le Programme de gouvernement du PCF de février 1941 intitulé "Pour le salut du Peuple de France" : 











Document 2 : Articles de la presse centrale, régionale et locale du Parti communiste mentionnant entre février et juin 1941 le programme de gouvernement "Pour le salut du peuple de France".


FEVRIER 1941


"C'est sous le titre Pour le salut du peuple de France qu'est publié le programme du Parti Communiste Français (SFIC). Militants ! Faites en sorte que chaque français, que chaque française puisse le lire."

(L'Humanité n° 101 du 22 février 1941- Organe central du PCF)
Première mention dans l'Humanité, organe central du Parti communiste français, du programme "Pour le salut du peuple de France".


MARS 1941


"Français, Françaises, Demandez, lisez,
faites circuler "l'Humanité" (clandestine)
Demandez, lisez, faites circuler le programme
du Parti Communiste Français
"Pour le salut du peuple de France",
le programme de la libération sociale et
nationale de notre pays"

(La Politique communiste n° 3 de mars 1941)


SOUS LE DRAPEAU DU COMMUNISME
Ouvriers et Paysans de la Somme, Unissez-vous

Les documents distribués à profusion dans le Département ont ouvert les yeux des plus crédules et montré combien le Parti Communiste Français avait eu raison de lutter avec courage contre la guerre impérialiste. [...]
La population picarde a souffert plus que partout ailleurs de cette guerre criminelle déclenchée par les bandits au pouvoir et leurs valets socialistes et réformistes. [...]
Mais la malédiction de tout un peuple trahi monte, vengeresse, vers ces hommes qui ont voulu la guerre et préparé la défaite.
Comme l'indique le Programme du Parti Communiste Français : "Oui, de toutes ses forces le Peuple veut que l'on fixe toutes les responsabilités et que l'on châtie tous les coupables [...]".
Guerre capitaliste - défaite capitaliste ! Asservissement et menaces nouvelles de guerres capitalistes !
"Oui, le peuple de France veut la Paix", dit le PROGRAMME :
"Non, le peuple de France ne veut pas prendre part, à nouveau, à la guerre impérialiste. Il veut créer des relations pacifiques avec tous les pays, avec tous les peuples. [...]"
TRAVAILLEURS de la terre et des usines; Intellectuels, Rassemblez vous sous le drapeau du Parti Communiste.
Socialistes, Syndicalistes, Républicains, dont les chefs ont trahi le peuple et les intérêts de la France, faites vôtre notre Programme.
Pour que vive la France; pour le bonheur de son peuple, TRAVAILLEURS PICARD UNISSEZ-VOUS

CATELAS Jean
Député d'Amiens, membre du Comité Central

(Le Travailleur Picard  n° 5 de mars 1941 - Organe régional du PCF - Région de la Somme)
Député de la Somme, Jean Catelas est passé dans la clandestinité en octobre 1939 après l'ouverture d'une procédure judiciaire contre le groupe parlementaire communiste auquel il était reproché d'avoir remis au président de la Chambre à la fin de la Campagne de Pologne une lettre dans laquelle il demandait l'organisation d'un vote du Parlement en faveur de la Paix avec l'Allemagne.

Il fait partie des 9 députés qui échappèrent à l'arrestation et qui pour ce motif furent poursuivis pour trahison dans une seconde procédure.

Jugé en avril 1940 pour la première affaire - la lettre au président Herriot du 1er octobre 1939 - Jean Catelas a été condamné à 5 ans de prison ferme.

En juin 1940, le Parti communiste a négocié avec les autorités allemandes la légalisation de ses activités et notamment de sa presse. 

Responsable des 5 Régions parisiennes du Parti communiste, Jean Catelas a été l'un des acteurs de ces négociations en signant notamment en tant que membre du Comité central la Demande de parution de l'Humanité sous censure allemande du 26 juin 1940.

Plaidoyer enthousiaste pour le programme pacifiste du Parti communiste intitulé "Pour le salut du peuple de France", son article publié en mars 1941 dans Le Travailleur Picard est encore un témoignage de son engagement en faveur de la Paix avec l'Allemagne nazie. 


Extrait n° 1 :

"LE PARTI COMMUNISTE TRAVAILLE AU SALUT DU PEUPLE DE FRANCE.
TRAVAILLEURS DEMANDEZ LE PROGRAMME DU SALUT DE NOTRE PEUPLE A NOS DIFFUSEURS, ETUDIEZ-LE, DIFFUSEZ-LE, AGISSEZ SELON SES DIRECTIVES POUR UNE FRANCE LIBRE, FORTE ET HEUREUSE."

-------------------------------

Extrait n° 2 :

"Mais, conscient de sa force, de ses responsabilités, de la confiance de tout un peuple qui souffre, notre Parti communiste indomptable agit. Son programme "pour le salut du Peuple de France" vient de paraître en tract. Pas un mot de démagogie dans ce programme; rien qui soit étranger aux besoins immédiats de nos ouvriers, de nos paysans, des commerçants, des jeunes, des femmes, des mères, des prisonniers, des intellectuels. Un souci permanent d'agir pour le peuple et par lui, sous son contrôle constant, avec sa participation active réalisée par la démocratie la plus large dans un renouveau de libertés non plus formelles mais garanties."

(L'Humanité - édition Normande - n° 30 publiée en mars 1941)
Par son contenu, ce numéro peut être daté de mars 1941 : discours de Pétain à St-Etienne, adhésion de la Bulgarie au Pacte tripartite, mention que "depuis 8 mois ce gouvernement de gangsters..." et enfin référence au programme communiste qui "vient de paraître en tract".


"DEMANDEZ, LISEZ, FAITES CONNAITRE le programme du Parti Communiste publié clandestinement sous le titre "POUR LE SALUT DU PEUPLE DE FRANCE". Le programme de la libération sociale et nationale de notre pays"

(L'Humanité n° 102 du 5 mars 1941 - Organe central du PCF)


" « Nationalisation, sans indemnité, des banques, compagnies d'assurances, mines, chemins de fer et de l'ensemble des Sociétés capitalistes aryennes ou juives (électricité, produits chimiques, textile, métallurgie, gaz, etc.) ». C'est simple, net et conforme à l'intérêt de la Jeunesse Française. C'est le premier article de politique intérieure du GOUVERNEMENT DU PEUPLE pour lequel lutte le Grand Parti Communiste de Maurice THOREZ et Jacques DUCLOS."

(L'Avant-garde n° 38 du 7 mars 1941 - Organe central des Jeunesses communistes)
Dans ce plaidoyer pour un "Gouvernement du Peuple" autrement dit un Gouvernement de Paix communiste, L'Avant-garde cite la première mesure du chapitre "POUR METTRE LES OLIGARCHIES CAPITALISTE HORS D'ETAT DE NUIRE" du programme "Pour le salut du peuple de France".


" Dans le programme du Parti Communiste "Pour le Salut de la France" (sic), nous relevons : « Rétablissement du droit syndical pour tous les ouvriers de l'industrie, du commerce, et de l'agriculture, ainsi que pour les fonctionnaires »."

(La Vie ouvrière n° 27 du 8 mars 1941 - Organe de la CGT, tendance communiste)


Pour le salut du Peuple de France
tel est le titre du programme du [Parti] Communiste Français, Diffusez-le.

(L'Humanité - édition Bordelaise - n° 67 du 11 mars 1941)


"Le programme du Parti communiste édité clandestinement sous le titre « Pour le salut du peuple de France » associe les revendications des masses ouvrières et des masses paysannes".

(L'Humanité numéro spécial du 18 mars 1941 - Organe central du PCF)


"Demandez, lisez, faites circulez les journaux et tracts du Parti.
Lisez, étudiez et faites connaître le programme du Parti publié sous le titre :
              "POUR LE SALUT DU PEUPLE DE FRANCE"
le programme de la libération sociale et nationale du pays."

(En Avant n° 1 de févier-mars 1941- Organe régional du PCF - Région Paris-Nord)


"Sous la signature du comité central du Parti communiste Français un tract vient de sortir. De ce tract-programme "Pour le salut du peuple de France", nous extrayons les passages suivants : " [...]".
Le peuple de France ne trouvera son salut, ni dans la clique Pétain-Darlan, ni dans celle de Laval, ni dans celle de de Gaulle, mais dans un gouvernement du peuple au service du peuple."

(L'Echo du canton de Boissy St-Léger n° 2 de mars 1941 - Organe de la Section communiste du Canton de Boissy Saint-léger)
Ce journal local reproduit l'intégralité du chapitre "Les deux clans de Vichy" du manifeste "Pour le salut du peuple de France".


"C'est avec confiance, que sous la direction de Maurice THOREZ, du Comité Central de notre Parti que nous envisageons l'avenir. "L'avenir appartient aux communistes" c'est vers lui que nous marchons et rien ne nous arrêtera.
Notre Parti n'a jamais été aussi fort, débarrassé des lâches et des traîtres, c'est avec confiance et fierté que nous accomplissons notre tâche.
Nous luttons "Pour le salut du Peuple de France".
Le Peuple de France veut la Paix, il veut que soient libérés le sol national et ses fils prisonniers de guerre.
Le Peuple de France considère qu'il est d'un intérêt vital pour lui d'établir de solides liens d'amitié avec le grand Pays des Soviets.
La France veut un Gouvernement qui soit l'émanation du peuple, un gouvernement qui, en s'appuyant sur le peuple, serait capable de réaliser à l’œuvre indispensable de salut national !
Le gouvernement du Peuple, expression de la volonté nationale et non d'une conjuration de profiteurs comme l'est la clique de Vichy prendrait immédiatement les décisions de politique extérieure et intérieure indispensables au salut du pays.
"Peuple de France, c'est entre tes mains qu'est l'arme de ta délivrance; c'est par l'union et par la lutte que tu sauras et que tu feras de notre pays, dans une Europe libérée de la domination capitaliste, une France libre, forte et heureuse."
Cette union nécessaire se réalise autour du Parti Communiste Français sous le glorieux drapeau de Marx-Engels-Lénine-Staline, lutte pour la libération sociale et nationale de la France."

(Lutter et vaincre numéro spécial de mars-juin 1941 - Organe régional du PCF - Région Paris-Sud)
Ce texte est composé en grande partie de citations tirées du manifeste "Pour le salut du peuple de France".


"Lisez, diffusez le programme du Parti Communiste Français "POUR LE SALUT DU PEUPLE DE FRANCE"."

(Lutter et vaincre numéro spécial de mars-juin 1941 - Organe régional du PCF - Région Paris-Sud)


AVRIL 1941


Pour le Salut du Peuple de France

Travailleurs Berrichons, [avez] vous lu le programme du Gouvernement du Peuple
Demandez- le à nos Amis !
Lisez-le, faites-le circuler !

(L'Emancipateur d'avril 1941 - Organe régional du PCF - Région Cher)


PAS DE NOUVEAU "SAC AU DOS"
POUR LES BRIGANDS IMPERIALISTES.

Les groupes impérialistes rivaux poursuivent la plus féroce et la plus atroce des guerres. Les uns et les autres n'osent avouer les véritables mobiles qui les animent.
Churchill, aidé par Roosevelt, tue au nom de liberté et de la démocratie, mais les colonies anglaises sont sous le joug, le parti communiste anglais est frappé, sa presse interdite, cependant que les milliers de grévistes américains sont aux prises avec une police de gangsters au service des multimilliardaires marchands de canons.
Hitler mène "la guerre du sang contre l'or", "du travail contre la ploutocratie" mais les communistes et pacifistes allemands sont torturés, mais les communistes français, leur presse, leurs militants sont traqués.
La vérité est plus matérielle, plus cynique aussi. Il s'agit du deuxième partage du monde, de ses sources de matières premières, de ses marchés, que de se disputent les rivaux.
La France vaincue reste un enjeu important des deux clans qui agissent pour le plus grand mal de notre peuple, sans se soucier un instant de nos intérêts nationaux. Toutes les armes sont employées pour nous faire remettre "sac au dos". Le chantage à la famine des maîtres de De Gaulle n'a d'égal que la menace de la force des maîtres de Laval, Déat, Doriot. Les provocations se multiplient pour nous entraîner dans la mêlée, tel l'incident de Nemours.
Dans ces conditions, ne nous lassons jamais de répéter que les Français aiment leur pays; qu'ils le veulent libre, indépendant; qu'ils ont en horreur la guerre impérialiste. Ils ne se battront ni pour l'Allemagne, ni pour l'Angleterre, mais pour un gouvernement du Peuple qui libérera le territoire et les prisonniers de guerre, qui établira des relations pacifiques et fraternelles avec tous les autres peuples, qui se liera d'amitié avec le champion de la Paix qu'est l'URSS, qui fera la seule et vraie politique française, celle que veulent et que feront les communistes.

(L'Avenir normand n° 1 d'avril 1941 - Organe régional du PCF - Région Normandie)
En avril 1941 paraît clandestinement le premier numéro de l'Avenir normand, organe de la Région Normandie du Parti communiste. Le rédacteur de ce numéro imprimé est le dirigeant régional André Pican.

L'article "Pas de nouveau "sac au dos" pour les brigands impérialistes" reflète parfaitement la position définie par la direction centrale du Parti communiste :

1) dénonciation du caractère impérialiste de la guerre qui oppose l'Angleterre démocratique à l'Allemagne nazie.

2) condamnation du Général de Gaulle accusé de servir l'impérialisme anglais.

3) appel à former un Gouvernement du Peuple "qui établira des relations pacifiques et fraternelles avec tous les autres peuples" et notamment... le peuple allemand.

Les revendications associées au Gouvernement du Peuple sont tirées du chapitre Politique extérieure du programme "Pour le salut du peuple de France".


"Les Normands ont du bons sens et savent que le capitalisme, voilà l'ennemi ! Ils prennent la voie juste, comme en témoigne l'accueil qu'ils réservent au Programme de notre Parti : "Pour le Salut du peuple de France"."

(L'Avenir normand n° 1 d'avril 1941 - Organe régional du PCF - Région Normandie)


"La solution pour tous les maux dont nous souffrons se trouve dans le tract rédigé par le comité central du parti communiste, et intitulé "POUR LE SALUT DU PEUPLE DE FRANCE"
PAYSANS... lisez ce programme et faites-le circulez."

(L'Enchaîné - édition Paysanne - n° 24 du 6 avril 1941 - Organe régional du PCF - Région Pas-de-Calais)


LE PROGRAMME [DU GOUVERNEME]NT DU PEUPLE

"Pour le Salut du peuple de France" c'est le programme du [gouverne]ment du Peuple, édité clandestinement par le Parti Communiste, où les droits de la Jeunesse ont une place de premier plan : Droit à l'instruction, droit au repos, droit à la joie, droit [au foyer] et avant tout :
DROIT AU TRAVAIL :
- Création d'un vaste réseau d'Ecoles d'apprentissage correspondant aux diverses branches de la production pour les jeunes gens et les jeunes filles.
- Droit à un métier pour chaque citoyen et chaque citoyenne.
- Droit pour le Jeune ouvrier doué, d'accéder à des Ecoles techniques supérieures pour devenir Ingénieur, en continuant à percevoir son salaire.
- Obligation pour la société de donner du travail à tous, ce qui est seulement possible avec la disparition du régime capitaliste.
JEUNES, à l'appel de la Jeunesse Communiste, luttez derrière le Parti Communiste, Parti de la libération sociale et nationale de notre pays, POUR LE GOUVERNEMENT DU PEUPLE !

(L'Avant-garde n° 44 du 16 avril 1941 - Organe central des Jeunesses communistes)


MAI 1941


Pour le Salut du Peuple de France

C'est sous ce titre que le Parti communiste a publié son programme de libération sociale et nationale de la France qu'il faut faire connaître à la masse des Français pour leur montrer le chemin de la délivrance.
Vive le Parti communiste (S.F.I.C) qui lutte sous la direction de son Comité central et de ses chefs aimés Thorez, Duclos, Marty, Cachin, Frachon, Ramette, Monmousseau, etc...
Vive la Jeunesse communiste qui, dirigée par Raymond Guyot, travaille à rassembler la jeunesse de France sous le drapeau du communisme.

(L'Humanité numéro spécial du 1er mai 1941 - Organe central du PCF)


CAMARADES...
Avez-vous lu le programme du
PARTI COMMUNISTE FRANCAIS
publié clandestinement sous le titre
"POUR LE SALUT DU PEUPLE FRANCAIS" (sic)

(Le Cheminot n° 1 de mai 1941 - Organe syndical)


"Dans son programme qu'il a publié clandestinement sous le titre « POUR LE SALUT DU PEUPLE DE FRANCE », le Parti Communiste en préconisant la formation d'un GOUVERNEMENT DU PEUPLE, EXPRESSION DE LA VOLONTE NATIONALE » indique parmi les buts de politique extérieure à atteindre « LA LIBERATION DU TERRITOIRE NATIONALE ET DES PRISONNIERS DE GUERRE. » « LA CONCLUSION D'UN PACTE D'AMITIE ET D'UN TRAITE COMMERCIAL AVEC L'URSS. » « LA POURSUITE RESOLUE D'UNE POLITIQUE DE PAIX DESTINEE A TENIR LA FRANCE HORS DU CONFLIT. »"


Que dans tous les foyers Picards, le programme du PARTI COMMUNISTE FRANCAIS pénètre.
Aidez les vaillants diffuseurs de la littérature du Parti communiste.
Lisez et popularisez, le programme du PARTI COMMUNISTE FRANCAIS.
-------------------------
La Région Picarde du Parti Communiste Français

(Le Travailleur Picard n° 18 publié en juin 1941 - Organe régional du PCF - Région Picardie)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire