1941


JANVIER 1941



"Jeune homme de vingt ans, les communistes ne veulent pas te farder la vérité. C'est leur héroïque destin d'aller souvent contre le courant. Nous proclamons dès lors sans réticence que si nous avions dirigé les destinées de la France en juin 1940, comme les bolchéviks dirigeaient les destinées de la Russie en 1918, nous aurions mis fin à la guerre, nous aurions signé la paix comme les bolchéviks l'ont signée en en 1918.
La paix que signèrent les bolchéviks en 1918 était très dure. Mais elle était signée par un gouvernement du peuple qui s'attachait à la réorganisation socialiste du pays, qui expropriait les capitalistes et les propriétaires fonciers. Cette paix qui, pour un autre gouvernement, eût été un suicide, a été pour les Soviets le premier pas dans la voie de la reconstruction de la Russie.
L'armistice de Laval et de Pétain est un contrat de servitude et de peur. Il enchaîne la France au vainqueur. D'un jour à l'autre, il risque de faire, des Français, les soldats de l'Allemagne. La paix qu'eût signée un gouvernement français populaire, ami et allié de l'Union soviétique, eût été le signal du relèvement du pays dans l'indépendance. Elle eût été conforme à l'intérêt du peuple français, conforme à l'intérêt du plan allemand, car un peuple qui en opprime un autre n'est pas un peuple libre. Elle eût ouvert la voie à l'entente internationale exclusive de toute hégémonie, respectueuse de l'indépendance des Nations.
Cette paix - la vraie - alors que l'armistice Pétain n'est qu'un accord d'esclavage - nous eût permis de panser nos blessures."
(Brochure "Jeunesse de France" de janvier 1941)
En janvier 1941, les Jeunesses communistes diffusent à 20 000 exemplaires la brochure "Jeunesse de France".

Rédigée par un dirigeant communiste, Gabriel Péri, cette brochure de 47 pages vise un objectif précis : convaincre les jeunes d'adhérer aux Jeunesses communistes pour défendre le projet pacifiste du Parti communiste.

S'adressant à son lecteur ("Jeune homme de vingt ans") avec gravité ("les communistes ne veulent pas te farder la vérité") Gabriel Péri affirme, dans l'extrait cité, que si le Parti communiste avait dirigé la France en juin 1940 après la démission de Paul Reynaud qui a permis au Maréchal Pétain de lui succéder, il aurait mené sur le plan extérieur et intérieur une politique identique à celle des bolchéviks en 1918 : Paix avec l'Allemagne et Révolution socialiste.

Le jeune de vingt ans quelque peu étonné par cette vérité énoncée en pleine occupation allemande a surement dû être rassuré par ces deux précisions :
1) un traité de Paix négocié entre un gouvernement communiste et Hitler aurait été "conforme à l'intérêt du peuple français, conforme à l'intérêt du plan allemand",
2) Cette Paix aurait permis d'inaugurer une nouvelle ère dans les relations franco-allemandes en posant les bases d'une "entente internationale" entre la France communiste et l'Allemagne nazie.

Tous ces éléments relatifs à la formation d'un gouvernement de Paix communiste en juin 1940 seront repris dans la brochure "Le Parti communiste a vingt ans" de février 1941 dont l'auteur est aussi Gabriel Péri.

Les vœux du Parti Communiste Français pour l'année 1941


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10 : Accord économique germano-soviétique.
Prolongeant et amplifiant le programme économique prévu par l'accord-cadre du 11 février 1940, la convention du 10 janvier 1941, signée à Moscou par K. Schnurre, haut-fonctionnaire du ministère allemand des Affaires étrangères, et A. Mikoyan, Commissaire du peuple pour le commerce extérieur, fixe le volume des échanges entre l'URSS et l'Allemagne jusqu'à la date du 1er août 1942.

Le principe de ces échanges reste inchangé : l'URSS fournit à l'Allemagne des matières premières qui sont compensées par des livraisons allemandes de biens industriels. Les deux postes les importants de ces livraisons de matières premières sont le blé et le pétrole.

On citera un extrait d'un texte de Gabriel Péri intitulé "Au seuil de 1941" dans lequel le dirigeant communiste souligne notamment que la collaboration économique ente l'URSS et l'Allemagne répond "aux intérêts fondamentaux des deux Etats" : 

"L'URSS a signé avec l'Allemagne un Pacte de non-agression. Ce pacte a facilité la conclusion d'accords commerciaux entre les deux pays. Dans le cadre des relations pacifiques qui se sont établies entre l'URSS et l'Allemagne se sont déroulées à la mi-novembre les entretiens Molotov-Hitler à Berlin. Enfin le 10 janvier ont été signés entre l'Allemagne et l'URSS trois autres accords. L'un délimite les frontières soviéto-allemandes à la suite de l'adhésion des Etats Baltes à l'URSS. L'autre prévoit des échanges de population entre les les Etats soviétiques baltes et l'Allemagne. Le troisième règle les échanges commerciaux commerciaux entre l'URSS et l'Allemagne et prévoit l'accroissement de ces échanges. Ces conventions on le voit, correspondent à la conception souvent définie par Molotov des relations germano-soviétiques. Ces relations ne sont pas fondées — a expliqué le Président du Conseil des Commissaires du Peuple — sur des circonstances fortuites mais correspondent aux intérêts fondamentaux des deux Etats."

13 : "Le peuple français ne marche pas pour une politique de collaboration qui signifie la
domestication de la France. Il n'envisage qu'une collaboration celle qui l'unira au peuple allemand, aux soldats allemands, qui ont comme nous à conquérir le droit à une vie nouvelle en abattant à jamais le régime capitaliste."
(L'Humanité n° 97 du 13 janvier 1941)
L'Humanité souligne la différence entre la collaboration pétainiste "qui signifie la domestication de la France" et la collaboration communiste qui unira le peuple français au peuple allemand.

L'organe central du PCF reprend l'analyse développée dans l'article "la politique de Montoire-sur-(le-)Loir" qui fait la différence entre la collaboration pétainiste et la collaboration communiste. La première, qui se caractérise par la soumission à l'Allemagne, conduira la France à s'engager militairement contre l'Angleterre au profit de l'impérialisme allemand autrement dit elle ne garantira pas la Paix. La seconde, qualifiée de "collaboration vraie", permettra au contraire à la France de faire la Paix avec l'Allemagne au motif qu'un gouvernement formé par le Parti communiste négocierait sur un pied d'égalité avec les dirigeants allemands. Le modèle et la garantie de ces négociations étant l'URSS.



FÉVRIER 1941



- Manifeste-programme "Pour le Salut du peuple de France" de février 1941 :


POUR LE SALUT
DU PEUPLE DE FRANCE

[...]
Le peuple de France empli d'un profond mépris à l'égard de la tourbe des politiciens de Vichy et de Paris ne veut être ni le soldat de l'Angleterre, ni le soldat de l'Allemagne, ni le soldat de Churchill, ni le soldat de Hitler; il ne veut pas être le soldat de la ploutocratie sous quelque visage qu'elle se présente.

LE PEUPLE DE FRANCE VEUT LA PAIX

Le peuple de France veut la paix; il veut que soient libérés et le sol national et ses fils prisonniers de guerre. De l'armistice à la fin de 1940 le peuple français a déjà payé aux occupants la somme fabuleuse de 73 milliards francs; il a vu, en outre, qu'en violation des clauses du traité d'armistice, le vainqueur a annexé l'Alsace-Lorraine sans consultation de la population de ce pays, mais au contraire en procédant à des expulsions massives; il a vu morceler le territoire français en deux zones et il a vu ensuite la zone occupée elle-même coupée en deux, alors que tout cela constitue un obstacle supplémentaire à la solution des graves problèmes économiques posés devant notre pays.
Le peuple de France veut que tout cela cesse et il repousse du pied tous les appels de tous les bellicistes.
Non, le peuple de France ne veut pas prendre part, à nouveau, à la guerre impérialiste. IL VEUT CREER DES RELATIONS PACIFIQUES AVEC TOUS LES PEUPLES, AVEC TOUS LES PAYS.
De plus, le peuple de France considère qu'il est d'un intérêt vital pour lui d'ETABLIR DE SOLIDES LIENS D'AMITIE AVEC LE GRAND ET PUISSANT PAYS DES SOVIETS. [...]

LE CAPITALISME, VOILA L'ENNEMI ! [...]

GUERRE CAPITALISTE ! DEFAITE CAPITALISTE ! ASSERVISSEMENT ET MENACE NOUVELLE DE GUERRE CAPITALISTE ! N'est-il pas clair, aux yeux de tous, après une telle succession d'événements, que c'est seulement par la destruction du régime capitaliste que la France connaîtra la paix et créera les conditions de son relèvement. [...]

LE GOUVERNEMENT DU PEUPLE [...]

Le Gouvernement du Peuple, expression de la volonté nationale et non d'une conjuration de profiteurs comme l'est la clique de Vichy, prendrait immédiatement les décisions de politique extérieure et intérieure indispensables au salut du pays. Ces mesures seraient dans leurs grandes lignes :

I. POLITIQUE EXTERIEURE

1° Libération du territoire national et des prisonniers de guerre. Pour mener cette tâche à bien, le Gouvernement du Peuple mettrait tout en œuvre pour établir des relations PACIFIQUES avec tous les peuples; il s'appuierait sur la puissance que lui conféreraient LA CONFIANCE DU PEUPLE FRANÇAIS, LA SYMPATHIE DES AUTRES PEUPLES ET L'AMITIE DE L'UNION SOVIETIQUE.
2° Etablissement de rapports fraternels entre le peuple français et le peuple allemand en rappelant l'action menée par les communistes et par le peuple français contre le traité de Versailles, contre l'occupation du bassin de la Rhur, contre l'oppression d'un peuple contre un autre peuple.
3° Conclusion d'un pacte d'amitié et d'un traité commercial avec l'URSS et poursuite résolue d'une politique de paix destinée à tenir la France en dehors du conflit impérialiste. [...]

II. POLITIQUE INTERIEURE

POUR METTRE LES OLIGARCHIES CAPITALISTE HORS D'ETAT DE NUIRE [...] 
POUR DONNER AUX TRAVAILLEURS 
LA PLACE QUI LEUR REVIENT DANS LA NATION [...]
POUR LES PAYSANS DE FRANCE [...]
POUR LA DEFENSE DES COMMERÇANTS DETAILLANTS VICTIMES DES TRUSTS [...]
POUR LA SANTE DU PEUPLE [...]
POUR LA JEUNESSE [...]
POUR LE JUGEMENT DES RESPONSABLES DE LA GUERRE [...]
POUR LES SINISTRES DE LA GUERRE [...]
POUR LES VICTIMES DE LA GUERRE [...]
POUR LA DEFENSE DE L'INTELLIGENCE FRANÇAISE [...]
POUR LE RETABLISSEMENT DES LIBERTES POPULAIRES [...]

FRANÇAIS, FRANÇAISES,
Tel est le programme de salut que le Parti communiste propose au peuple de France.
Voilà le programme qui seul, peut aboutir au relèvement du pays, parce que :
Il supprimera le profit et l'exploitation capitalistes. [...]
Il fondera la politique extérieure de la France sur l'amitié avec l'URSS le grand pays du Socialisme, sur la fraternité des peuples dans l'égalité des droits, et sur le droit pour tous les peuples y compris les peuples coloniaux à disposer librement d'eux-même.
Hors de ce programme de salut national, il ne peut y avoir que misère et servitude pour notre pays.
FRANÇAIS, FRANÇAISES, OUVRIERS, PAYSANS, INTELLECTUELS, PETITES GENS, RASSEMBLEZ-VOUS DERRIERE LE PARTI COMMUNISTE FRANCAIS.
Partout, faites connaître le programme de salut du peuple français, le seul programme qui puisse assurer la liberté et l'indépendance de la France, le seul programme qui balayant les décombres du régime capitaliste pourri ouvrira devant notre peuple, toutes larges les voies de l'avenir. [...]

LE PARTI DE L'AVENIR
Seul le Parti communiste est qualifié pour montrer au peuple de France le chemin du salut. Les militants communistes, qui en 1936 conduisirent le peuple de France à la victoire du Front Populaire contre les 200 familles, sont persécutés aussi bien par les autorités occupantes que par Pétain, parce qu'ils luttent pour défendre le peuple contre les oligarchies capitalistes, parce qu'ils mènent le bon combat pour la libération sociale et nationale de la France. [...]

PEUPLE DE FRANCE,
C'est en tes mains qu'est l'arme de ta délivrance; c'est par l'union et par la lutte que tu te sauveras et que tu feras de notre pays, dans une Europe libérée de la domination capitaliste 

une France libre, forte et heureuse

PEUPLE DE FRANCE,
Pour te sauver, pour mener pied à pied le bon combat contre tes exploiteurs,
RASSEMBLEMENT ! EN AVANT !

Le Comité Central
du Parti Communiste Français (S.F.I.C.)
En février 1941, le Parti communiste publie le manifeste-programme "Pour le Salut du Peuple de France" dans lequel il énumère l'ensemble des mesures de "politique intérieure et extérieure indispensables au salut du pays" que prendrait un "Gouvernement du Peuple".

Diffusé en tract à 100 000 exemplaires avec un second tirage identique le mois suivant, ce texte est aussi reproduit en mars 1941 dans les 20 000 exemplaire des Cahiers du Bolchévisme du 1er trimestre 1941.

Signé par le Comité Central du Parti Communiste Français (SFIC), ce programme de gouvernement prévoit en politique extérieure la Paix avec l'Allemagne nazie (libération nationale) et en politique intérieure la Révolution socialiste (libération sociale).

Illustré avec des mots d'ordre tel que "Thorez au pouvoir", "Vive le Gouvernement du Peuple" ou "Vive la République française des Soviets", le projet du Parti communiste doit permettre l'instauration en France d'un régime socialiste avec comme modèle l'URSS de Staline.

Texte fondamental qui marque l'aboutissement de la ligne pacifiste défendue par le PCF depuis septembre 1939,  le programme de février 1941 sera caduc après l'invasion de l'URSS par les armées allemandes en juin 1941. On peut donc faire le constat que c'est grâce... à Hitler que le Parti communiste n'a pas constitué de Gouvernement de Paix.

Pour terminer, on fera remarquer que ce programme ne figure pas dans les livres d'histoire. A sa lecture on comprend pourquoi.


- Plan d'épuration du PCF de février 1941



MARS 1941



18 : "Si l'occupation de la France par l'Allemagne suffit à fournir la preuve que le « nouvel ordre
européen » de M. Hitler signifierait pour la France un scandaleux asservissement, il n'est pas moins certain que le mouvement des de Gaulle et de Larminat, foncièrement réactionnaire et antidémocratique, ne vise à rien d'autre, lui aussi, qu'à priver notre de pays de toute liberté au cas d'une victoire anglaise."
(L'Humanité numéro spécial imprimé du 18 mars 1941)
Le numéro spécial de l'Humanité du 18 mars 1941 commémorant la Commune de Paris publie un texte de Maurice Thorez et Jacques Duclos, "Les capitalistes d'aujourd'hui sont les dignes héritiers des Versaillais", dans lequel les deux principaux dirigeants du PCF dénoncent le caractère "foncièrement réactionnaire et antidémocratique" du mouvement gaulliste et son projet de "priver notre de pays de toute liberté au cas d'une victoire anglaise".



AVRIL 1941



Etre Degaulliste...
C'est avoir les pieds bien au chaud, le ventre plein et planter des petits drapeaux marquant les points de débarquement des Anglais en France.
C'est aussi pousser de jeunes gars à embarquer sur de mauvaises barques, les faire s'engager dans les rangs anglais pour se faire tuer.
C'est encore pousser de pauvres folles à déchirer les affiches allemandes, de non moins pauvre gars à couper un câble électrique pour se faire fusiller après par les Allemands.
C'est surtout vouloir que les peuples s'entretuent pour le plus grand plaisir des Anglais et revenir au beau temps de MM. Daladier-Reynaud.
(La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime n° 1 d'avril 1941)
Dans le premier numéro de La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime - imprimé et publié en avril 1941 - les communistes bretons condamnent sans aucune ambiguïté le Général de Gaulle et toute forme de Résistance


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13 : - Pacte soviéto-japonais de neutralité

- Déclaration du gouvernement de l'URSS et du Japon

- A la cérémonie de départ de Matsuoka, ministre japonais des Affaires étrangères, Staline déclare ostensiblement à Schulenburg, ambassadeur allemand à Moscou : "Nous devons rester amis et vous devez tout faire pour cela !". Puis il s'adresse ensuite au colonel Krebs, l'attaché militaire allemand par intérim : "Nous resterons amis quoiqu'il arrive !".
(Télégramme n° 884 du 13 avril 1941)

20 : "A nous, communistes, de montrer à notre peuple que ce n'est ni dans la "collaboration-
soumission" à l'impérialisme allemand, ni dans l'attente d'une soi-disant délivrance gaulliste que ses espérances doivent être placées".
(L'Humanité n° 110 du 20 avril 1941)
L'Humanité rappelle que le projet communiste se distingue à la fois de la "collaboration-soumission" pétainiste et de la "délivrance gaulliste". Les communistes plaident en effet pour la "collaboration vraie" qui, contrairement à celle des pétainistes, apportera la Paix avec l'Allemagne. Quant à la délivrance communiste, on citera le numéro spécial de l'Humanité du 1er mai 1941 qui présente le programme pacifiste Pour le salut du Peuple de France comme le "programme de libération sociale et nationale de la France qu'il faut faire connaître à la masse des Français pour leur montrer le chemin de la délivrance".

Brochure "Non, le Nazisme n'est pas le Socialisme".


MAI 1941



1er : "Les impérialistes rivaux sont animés du même souci d'assassiner la liberté et quand les
propagandistes anglais présentent le mouvement gaulliste comme un mouvement démocratique, ils mentent effrontément. Ce général à particule veut non pas la liberté de notre pays, il veut le triomphe des intérêts impérialistes auxquels il a lié son sort".
(L'Humanité n° spécial du 1 mai 1941)


"Les traîtres à la solde de l'envahisseur parlent de paix, mais leur « PAIX » ne signifie rien d'autre qu'une tentative criminelle de lancer à nouveau notre pays dans la guerre en le maintenant sous la domination des impérialistes allemands.
C'est pourquoi la lutte pour la paix ne peut se séparer de la lutte contre l'oppression nationale, pour l'indépendance de notre pays. Le peuple de France ne veut pas la paix du cimetière et de la prison, la paix de la servitude et de l'oppression, il veut la paix dans la liberté et l'indépendance du pays et le premier objectif que nous devons, nous Français, nous assigner dans cette lutte pour la Paix est le suivant :
IL NE FAUT PAS PERMETTRE QUE LE PEUPLE DE FRANCE, LES RESSOURCES DE NOTRE PAYS ET NOTRE TERRITOIRE SOIENT UTILISES DANS LA GUERRE ENTRE L'ALLEMAGNE ET L'ANGLETERRE. [...]
Voilà ce que pensent, ce que désirent des millions de Français, mais ils se demandent si cela peut sortir du domaine des aspirations pour entrer dans celui des réalités.
Oui, cela se peut, mais à deux conditions :
1° IL FAUT L'UNITE DE LA NATION A L'EXCEPTION DES TRAITRES ET DES CAPITULARDS FAISANT LA BESOGNE OU LE JEU DE L'ENVAHISSEUR; IL FAUT CONSTITUER UN LARGE FRONT NATIONAL DE LUTTE POUR L'INDEPENDANCE DE LA FRANCE;
2° CE FRONT NATIONAL DE L'INDEPENDANCE, POUR POUVOIR REMPLIR SA MISSION LIBERATRICE, DOIT ETRE CONSTITUE AVEC, COMME FORCE FONDAMENTALE, LA CLASSE OUVRIERE DE FRANCE, AVEC LE PARTI COMMUNISTE A LA TETE. [...]
Certains Français et certaines Françaises qui souffrent de voir notre pays opprimé par l'envahisseur placent à tort leurs espérances dans le mouvement de Gaulle. A ces compatriotes, nous disons que ce n'est pas derrière un tel mouvement d'inspiration REACTIONNAIRE ET COLONIALISTE, à l'image de l'impérialisme britannique, que peut se réaliser l'unité de la Nation française pour la libération nationale".
Le 15 mai 1941, le Parti communiste lance un appel Pour la formation d'un Front National de lutte pour l'Indépendance de la France dans lequel il incite les Français à se mobiliser pour maintenir la France à l'écart du conflit anglo-allemand :

"IL NE FAUT PAS PERMETTRE QUE LE PEUPLE DE FRANCE, LES RESSOURCES DE NOTRE PAYS ET NOTRE TERRITOIRE SOIENT UTILISES DANS LA GUERRE ENTRE L'ALLEMAGNE ET L'ANGLETERRE".

Cette initiative pacifiste répond à une Directive de l'Internationale communiste contenue dans un télégramme du 26 avril 1941 signé par Georges Dimitrov, secrétaire général de l'IC, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, et André Marty, secrétaire de l'IC.

Suivant les prescriptions de l'IC, le Parti communiste souligne l'importance de son appel en montrant que "l'indépendance de la France", c'est-à-dire le maintien du pays "en dehors de la guerre de rapine que se livrent les impérialistes de l'axe et leurs rivaux anglo-saxons", est la condition préalable à la "libération nationale" autrement dit à la conclusion d'un traité de Paix franco-allemand qui aura été négocié avec succès par un Gouvernement communiste en raison de la neutralité de la France et aux termes duquel le territoire national et les prisonniers de guerres seront libérés.

Le Front National de lutte pour l'indépendance de la France changera radicalement de nature après le 22 juin 1941 et l'invasion de l'URSS par les armées allemandes pour devenir un mouvement de Résistance ayant pour objectif la défaite de Hitler.

Dès lors, le Front National de lutte pour l'Indépendance de la France sera présenté par le Parti communiste puis l"historiographie comme un mouvement de Résistance créé le 15 mai 1941 sur la base de citations tronquées du texte original dans lesquelles on n'aura supprimé toute référence à la Paix avec l'Allemagne, à l'impérialisme britannique et à la condamnation du Général de Gaulle.



JUIN 1941



13 : "Depuis le 8 juin dernier, date de l'entrée des troupes anglaises et des soldats  de  de  Gaulle  en
Syrie et au Liban, le sang français coule."
(L'Humanité n° 117 du 13 juin 1941)

20 : "Les traitres de Vichy font tuer des français en Syrie pour l'Allemagne, tandis que de GAULLE et
CATROUX en font tuer d'autres pour l'Angleterre !"
"Quel hommage nous rend ainsi le vieux Maréchal traître et profiteur de la défaite, mais ce vieux criminel aux mains rouges de sang  n'a pas dit un mot de la Syrie, de cette guerre dans laquelle il fait tuer des enfants de France pour l'Allemagne, de même que de Gaulle et Catroux font tuer d'autres français pour l'Angleterre."
(L'Humanité n° 118 du 20 juin 1941)

22 : Invasion de l'URSS.

25 : "Le moment est venu rechercher et organiser contacts directs avec mouvement gaulliste, dont
partisans comprennent que lutte héroïque peuple soviétique contre agression hitlérienne répond intérêts peuple français et que libération France est liée à victoire Union soviétique. Collaboration doit s'établir sur la base suivante. Lutte commune pour libération nationale. Efforts communs contre ennemi commun, le fascisme allemand".
(Télégramme du 25 juin 1941 de l'Internationale communiste signé Maurice Thorez, secrétaire général du PCF et André Marty, secrétaire de l'IC, (Moscou) adressé à Jacques Duclos, secrétaire du PCF (Paris))
L'IC recommande au Parti communiste de "rechercher" et d' "organiser" des "contacts directs" avec le "mouvement gaulliste". Le Parti communiste considère désormais le mouvement gaulliste, engagé depuis le 18 juin 1940 dans la lutte contre l'Allemagne, comme un allié pour la libération de... l'URSS.


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- "Plutôt Hitler que Blum".


- "Le dingaullisme".

- "Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre".


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