Messages des 10 et 14 juin 1940 du Président du Conseil au Président des Etats-Unis


Message du 10 juin 1940
du Président du Conseil Paul Reynaud
au Président des Etats-Unis Franklin Roosevelt


Monsieur le Président,

Je veux d'abord vous exprimer toute ma gratitude pour l'aide généreuse que vous avez décidé de nous accorder en matière d'aviation et d'armement.
Depuis six jours et six nuits, nos divisions se battent sans une heure de répit contre une armée disposant d'une supériorité écrasante en effectifs et en matériel. L'ennemi est aujourd'hui presque aux portes de Paris.
Nous lutterons en avant de Paris, nous lutterons en arrière de Paris, nous nous enfermerons dans une de nos provinces, et si nous en sommes chassés, nous irons en Afrique du Nord et, au besoin, dans nos possessions d'Amérique.
Une partie du gouvernement a déjà quitté Paris. Moi-même, je m'apprête à partir aux armées. Ce sera pour intensifier la lutte avec toutes les forces qui nous restent, et non pour l'abandonner.
Puis-je vous demander, Monsieur le Président, d'expliquer tout cela vous-même à votre peuple, à tous les citoyens des Etats-Unis, en leur disant que nous sommes résolus à nous sacrifier dans la lutte que nous menons pour tous les hommes libres ?
A l'heure où je vous parle, une autre dictature vient de frapper la France dans le dos [l'Italie]. Une nouvelle frontière est menacée. Une guerre navale va s'ouvrir.
Vous avez généreusement répondu à l'appel que je vous ai lancé, il y a quelques jours, à travers l'Atlantique. Aujourd'hui, 10 juin 1940, c'est un nouveau concours, plus large encore, que j'ai le devoir de vous demander.
En même temps que vous exposerez cette situation aux hommes et aux femmes d'Amérique, je vous conjure de déclarer publiquement que les Etats-Unis accordent aux alliés leur appui moral et matériel par tous les moyens, sauf l'envoi d'un corps expéditionnaire. Je vous conjure de le faire pendant qu'il n'est pas trop tard. Je sais la gravité d'un tel geste. Sa gravité même fait qu'il ne doit pas intervenir trop tard.
Vous nous avez dit vous-même, le 5 octobre 1937 : « Je suis contraint et vous êtes contraints de regarder les choses en face. La paix, la liberté et la sécurité de 90 % de la population du monde sont mises en péril par les 10% autres pour cent qui menacent de briser tout l'ordre et toutes les lois internationales. Certainement, les 90 % qui désirent vivre en paix, sous le règne de la loi et en conformité avec les principes moraux qui ont été universellement acceptés à travers les siècles, peuvent et doivent trouver un moyen de faire prévaloir leur volonté ».
L'heure est maintenant venue pour ces 90 % de citoyens du monde de s'unir contre le danger mortel qui nous menace tous. J'ai confiance dans la solidarité du peuple américain dans cette lutte vitale que les Alliés mènent pour leur propre salut, mais aussi pour le salut de la démocratie américaine.

Le 10 juin 1940, qui marque à la fois le sixième jour de l'offensive allemande lancée le 5 juin en direction de Paris et l'entrée en guerre de l'Italie, Paul Reynaud remet à l'ambassadeur des Etats-Unis William Bullitt un message à l'attention du Président Roosevelt. Transmis au président américain le même jour dans un télégramme de l'ambassadeur Bullitt, ce message sera rendu publique le 13 juin dans la presse américaine puis dans les journaux français.

Sur le fond, le président du Conseil demande au Président des Etats-Unis de déclarer la guerre à l'Allemagne afin de légitimer l'engagement de la marine et de l'aviation américaines à défaut de l'envoi d'un corps expéditionnaire.

Le discours prononcé le 10 juin 1940 par le Président Roosevelt à Charlottesville sera présenté par la diplomatie américaine comme une réponse anticipée au message du même jour de Paul Reynaud. Cette première réponse sera complétée par un télégramme du Président Roosevelt daté du 13 juin 1940.


Télégramme du 13 juin 1940
du Président des Etats-Unis Franklin Roosevelt
au Président du Conseil Paul Reynaud

Le 13 juin 1940

Votre message du 10 juin m'a profondément ému. Comme je l`ai déjà déclaré à vous-même et à M. Churchill, le gouvernement des Etats-Unis fait tout ce qui est en son pouvoir pour mettre à la disposition des gouvernements alliés le matériel dont ils ont un besoin si urgent. Nous redoublons nos efforts pour faire encore davantage. Ceci parce que nous croyons aux idéaux pour lesquels les alliés combattent, et que nous les soutenons nous-mêmes.

Le résistance magnifique des armées françaises et britanniques a profondément impressionné le peuple américain.

Et votre déclaration que la France continuera le combat pour la démocratie, même si cette lutte signifie un repli vers les possessions d'Afrique du Nord ou de l'Atlantique, m'a particulièrement impressionné. Il est de la première importance de se rappeler que les flottes françaises et britanniques continuent à avoir la maitrise de l'Atlantique et des autres océans; et que les matières premières des autres parties du monde sont nécessaires au maintien de toutes les armées.

Les paroles prononcées par le Premier Ministre Churchill, il y a quelques jours, par lesquelles il affirmait la volonté de résistance de l'Empire britannique, m'ont grandement encouragé; et il semble que cette même volonté anime le grand Empire français à travers le monde. La puissance navale dans les affaires du monde confirme encore les enseignements de l'Histoire, et l'Amiral Darlan ne l'ignore point.

(Pierre-Etienne Flandin, Politique Française 1919-1940)
Paul Reynaud prendra connaissance de la réponse du Président Roosevelt à Bordeaux dans l'après-midi du 15 juin 1940. Le même jour à 16 h 15 se tiendra un Conseil des ministres au cours duquel il informera le gouvernement.


Message du 14 juin 1940
du Président du Conseil Paul Reynaud
au Président des Etats-Unis Franklin Roosevelt

Monsieur le Président,

Je vous remercie d'avoir publié en Amérique le message que je vous ai adressé le 10 juin.
Je vous disais alors que, depuis six jours et six nuits, nos troupes se battaient sans une heure de répit, à un contre trois, avec un matériel de guerre cinq fois moins puissant.
Quatre autres jour de sanglants combats se sont déroulés depuis lors. Notre armée est maintenant coupée en plusieurs tronçons. Nos divisions sont décimées. Il arrive que des généraux commandent des bataillons. La Reichswehr vient d'entrer dans Paris. Nous allons tenter de replier nos forces épuisées pour livrer de nouveaux combats. Il est douteux qu'étant aux prises avec l'ennemi qui renouvelle incessamment ses troupes, elles puissent y parvenir.
A l'heure la plus tragique de son histoire, la France doit faire un choix.
Va-t-elle continuer à immoler sa jeunesse dans une lutte sans espoir ?
Son gouvernement va-t-il quitter le territoire national pour ne pas se livrer lui même à l'ennemi, et pouvoir continuer la lutte sur mer et en Afrique du Nord ? Le pays tout entier va-t-il vivre alors, abandonné à lui-même, dans la nuit de la domination nazie avec tout ce que cela signifie pour son corps et pour son âme.
Ou bien la France va-t-elle demande à Hitler ses conditions d'armistice ?
Nous ne pouvons choisir la première voie, celle de la résistance, que si une chance de victoire apparaît dans le lointain, que si une lumière brille au fond du tunnel.
Or, dans la situation présente, malgré l'affaiblissement des forces de l'ennemi dû aux sacrifices de l'armée française, la défaite de notre loyale alliée, l'Angleterre, laissée à ses seules forces apparaît, comme possible, sinon probable.
Dès lors, la France ne peut continuer la lutte que si l'intervention américaine vient renverser la situation, en rendant la victoire des Alliés certaine.
La seule chance de sauver la nation française, avant-garde des démocraties, et par là de sauver 1'Angleterre, aux côtés de qui la France pourra alors rester avec avec sa puissante flotte, c'est de jeter, aujourd'hui même, dans la balance, le poids de la puissance américaine.
C'est la seule chance aussi d'éviter qu'après avoir détruit la France, puis l'Angleterre, Hitler s'attaque à l'Amérique, renouvelant ainsi le combat d'Horace contre les trois Curiaces.
Je sais qu'une déclaration de guerre ne dépend pas de vous seul.
Mais je viens vous dire, à cette heure grave dans votre histoire, comme dans la nôtre, que si vous ne pouvez pas donner à la France, dans les heures qui viennent,  la certitude que les Etats-Unis entreront en guerre à très brève échéance, le destin du monde va changer.
Vous verrez, alors, la France s'enfoncer comme un. homme qui se noie et disparaître, après avoir jeté un dernier regard vers la terre de liberté d'où elle attendait le salut.

PAUL REYNAUD

(Jacques Benoîst-Méchin, Soixante jours qui ébranlèrent l'Occident pp. 393-394)
Au cours du Conseil interallié qui se tient à Tours le 13 juin 1940 le Président du Conseil Paul Reynaud demande au Premier ministre anglais Winston Churchill de libérer la France de l'accord du 28 mars 1940 aux termes duquel les deux pays se sont engagés à ne pas négocier de Paix séparée avec l'Allemagne. Winston Churchill indique dans sa réponse qu'avant d'étudier cette question Paul Reynaud devrait lancer un ultime appel au Président Roosevelt car l'entrée en guerre des Etats-Unis donnerait à la France un motif légitime de continuer la lutte.

Ainsi, Paul Reynaud, qui n'a toujours pas reçu de réponse à son premier message, renouvelle par deux fois son appel du 10 juin demandant au Président Roosevelt de déclarer la guerre à l'Allemagne. D'abord, le 13 juin au soir, il prononce à Tours un discours consacré à ce sujet. Ensuite, le lendemain, avant de partir pour Bordeaux, il remet à Anthony Biddle, adjoint de l'ambassadeur américain William Bullitt qui est resté à Paris, un message à l'attention du Président Roosevelt dans lequel il demande sur un ton désespéré l'entrée en guerre des Etats-Unis. Le même jour William Bullitt transmet ce texte au Président Roosevelt qui répond le lendemain par télégramme.


Télégramme du 15 juin 1940
du Président des Etats-Unis Franklin Roosevelt
au Président du Conseil Paul Reynaud


Le 15 juin 1940

Je réponds à votre message d'hier, et je suis sûr que vous comprendrez qu'il a été étudié avec la plus grande attention et dans les sentiments les plus amicaux.

Et tout d'abord, permettez-moi de vous renouveler l'expression de l'admiration croissante avec laquelle le peuple américain et le gouvernement considèrent le magnifique courage des armées françaises résistant aux envahisseurs de leur patrie.

Je désire également souligner particulièrement le fait que, réalisant tous les efforts possibles dans la situation actuelle, le gouvernement des Etats-Unis a permis aux armées alliées de recevoir, durant les semaines qui viennent de s'écouler, des avions, de l'artillerie et des munitions de nombreux types, et que ce gouvernement redoublera ses efforts dans ce but, tant que les gouvernements alliés continueront de résister. Je crois pouvoir déclarer que chaque semaine qui s'écoulera verra une nouvelle augmentation de matériel dirigé vers les Nations alliées.

Conformément à sa politique de ne pas reconnaître les résultats des conquêtes de territoires acquis par des agressions militaires, le gouvernement des Etats-Unis ne considérera pas comme valides les tentatives quelconques faites par la force pour violer l'indépendance et l'intégrité territoriale de la France.

Dans ces heures si navrantes pour le peuple français et pour vous-même, je vous assure de ma sympathie la plus profonde et je puis vous affirmer, en outre, que tant que le peuple français continuera de défendre sa liberté, qui constitue la cause commune des institutions démocratiques du monde entier, il sera assuré que les Etats-Unis lui enverront en quantités croissantes du matériel et des approvisionnements de toutes sortes.

Je sais que vous comprendrez que ces déclarations n'impliquent aucun engagement sur le plan militaire. Seul le Congrès peut prendre de tels engagements.
 
(Pierre-Etienne Flandin, Politique Française 1919-1940)
Paul Reynaud prendra connaissance de la réponse du Président Roosevelt à Bordeaux dans la soirée du 15 juin 1940. Le lendemain à 11 heures se tiendra un Conseil des ministres au cours duquel il informera le gouvernement.


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The President of the French Council of Ministers (Reynaud) 
To President Roosevelt (1)

PARIS, June 10, 1940--6 p.m.
[Received 10:13 p.m.]

MR. PRESIDENT: I wish first to express to you my gratitude for the generous aid that you have decided to give us in aviation and armament. 

For six days and six nights our divisions have been fighting without one hour of rest against an army which has a crushing superiority in numbers and material. Today the enemy is almost at the gates of Paris. 

We shall fight in front of Paris; we shall fight behind Paris; we shall close ourselves in one of our provinces to fight and if we should be driven out of it we shall establish ourselves in North Africa to continue the fight and if necessary in our American possessions.

A portion of the government has already left Paris. I am making ready to leave for the front. That will be to intensify the struggle with all the forces which we still have and not to abandon the struggle. 

May I ask you, Mr. President, to explain all this yourself to your people to all the citizens of the United States saying to them that we are determined to sacrifice ourselves in the struggle that we are carrying on for all free men. 

This very hour another dictatorship has stabbed France in the back. Another frontier is threatened. A naval war will begin. 

You have replied generously to the appeal which I made to you a few days ago across the Atlantic. Today this 10th of June 1940 it is my duty to ask you for new and even larger assistance. 

At the same time that you explain this situation to the men and women of America, I beseech you to declare publicly that the United States will give the Allies aid and material support by all means, "short of an expeditionary force". I beseech you to do this before it is too late. I know the gravity of such a gesture. Its very gravity demands that it should not be made too late. 

You said to us yourself on the 5th of October 1937: "I am compelled and you are compelled to look ahead. The peace, the freedom and the security of 90% of the population of the world is being jeopardized by the remaining 10% who are threatening a breakdown of all international order and law. 

"Surely the 90% who want to live in peace under law and in accordance with moral standards that have received almost trusty acceptance through the centuries, can and must find some way to make their will prevail." 

The hour has now come for these.

PAUL REYNAUD

(1) Transmitted in a telegram from the Ambassador in France (Bullitt).
 
(Department of State Peace and War : United States Foreign Policy, 1931-1941)


President Roosevelt
to the President of the French Council Of Ministers (Reynaud), 
June 13, 1940 (1)

[Telegram]

Your message of June 10 has moved me very deeply. As I have already stated to you and to Mr. Churchill, this Government is doing everything in its power to make available to the Allied Governments the material they so urgently require, and our efforts to do still more are being redoubled. This is so because of our faith in and our support of the ideals for which the Allies are fighting. 

The magnificent resistance of the French and British armies has profoundly impressed the American people. 

I am personally particularly impressed by your declaration that France will continue to fight on behalf of democracy even if it means slow withdrawal, even to North Africa and the Atlantic. It is most important to remember that the French and British fleets continue mastery of the Atlantic and other oceans; also to remember that vital materials from the outside world are necessary to maintain all armies. 

I am also greatly heartened by what Prime Minister Churchill said a few days ago about the continued resistance of the British Empire and that determination would seem to apply equally to the great French Empire all over the world. Naval power in world affairs still carries the lessons of history, as Admiral Darlan well knows.

(1) Transmitted in a telegram to the Ambassador in France (Bullitt). 
 
(Department of State Peace and War : United States Foreign Policy, 1931-1941)


The President of the French Council of Ministers (Reynaud) 
To President Roosevelt, June 14, 1940 (1)

[Telegram]

Mr. PRESIDENT: I thank you for having published in America the message I sent you on June 10. I told you then that for six days and six nights our troops had been fighting without an hour of respite, and at one against three, with war material five times less powerful.

Four days of bloody fighting have gone by since then. Our army is now cut into several parts. Our divisions are decimated. Generals are commanding battalions. The Reichswehr has just entered Paris. We are going to attempt to withdraw our exhausted forces in order to fight new battles. It is doubtful, since they are at grips with an enemy which is constantly throwing in fresh troops, that this can be accomplished.

At the most tragic hour of its history France must choose.

Will she continue to sacrifice her youth into a hopeless struggle ?

Will her Government leave the national territory so as not to give itself up to the enemy and in order to be able to continue the struggle on the sea and in North Africa? Will the whole country then live abandoned abating itself under the shadow of Nazi domination with all that that means for its body and its soul ?

Or will France ask Hitler for conditions of an armistice?

We can choose the first way, that of resistance only if a chance of victory appears in the distance and if a light shines at the end of the tunnel.

In the present situation in spite of the weakening of the enemy's forces due to the sacrifice of the French army the defeat of England, our loyal ally, left to her own resources, appears possible if not probable.

From that time on France can continue the struggle only if American intervention reverses the situation by making an Allied victory certain.

The only chance of saving the French nation, vanguard of democracies, and through her to save England, by whose side France could then remain with her powerful navy, is to throw into the balance, this very day the weight of American power.

It is the only chance also of keeping Hitler, after he has destroyed France, and then England from attacking America thus renewing the fight of the Horatii against the three Curiatii.

I know that the declaration of war does not depend on you alone.

But I must tell you at this hour, so grave in our history as in yours, that if you cannot give to France in the hours to come the certainty that the United States will come into the war within a very short time, the fate of the world will change. Then you will see France go under like a drowning man and disappear after having cast a last look towards the land of liberty from which she awaited salvation.

PAUL REYNAUD

 (1) Transmitted in a telegram from the Ambassador in France (Bullitt).

(Department of State Peace and War : United States Foreign Policy, 1931-1941)


President Roosevelt 
to the President of the French Council Of Ministers (Reynaud)

[Telegram]

JUNE 15, 1940
.
I am sending you this reply to your message of yesterday which I m sure you will realize has received the most earnest, as well as the most friendly, study on our part. 

First of all, let me reiterate the ever-increasing admiration with which the American people and their Government are viewing the resplendent courage with which the French armies are resisting the leaders on French soil.

I wish also to reiterate in the most emphatic terms that, making every possible effort under present conditions, the Government of the United States has made it possible for the Allied armies to obtain during the weeks that have just passed airplanes, artillery and munitions of many kinds and that this Government so long as the Allied governments continue to resist will redouble its efforts in this direction. I believe it is possible to say that every week that goes by will see additional materiel on its way to the Allied nations. 

In accordance with its policy not to recognize the results of conquest of territory acquired through military aggression, the Government of the United States will not consider as valid any attempts to infringe by force the independence and territorial integrity of France. 

In these hours which are so heart-rending for the French people and yourself, I send you the assurances of my utmost sympathy and I can further assure you that so long as the French people continue in defense of their liberty which constitutes the cause of popular institutions throughout the world, so long will they rest assured that materiel and supplies will be sent to them from the United States in ever-increasing quantities and kinds. 

I know that you will understand that these statements carry with them no implication of military commitments. Only the Congress can make such commitments. 

(Department of State Peace and War : United States Foreign Policy, 1931-1941)

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