Accord de commerce et de crédit germano-soviétique du 19 août 1939

Le 19 août 1939, Karl Schnurre, conseiller de légation au ministère allemand des Affaires étrangères, et Evgeny Barbarin, chef adjoint de la représentation commerciale soviétique à Berlin, signent un Accord de commerce et de crédit qui permettra aux échanges entre l'Allemagne et l'URSS d'atteindre un montant de 1 milliard de marks.

Karl Schnurre détaille le contenu de l'Accord de commerce et de crédit germano-soviétique dans un mémorandum confidentiel daté du 29 août 1939 :

Aux termes de cette convention, l'Allemagne accorde à l'URSS un crédit de 200 millions de marks au taux nominal de 5% avec une durée de 7 ans remboursable à terme pour chaque tranche utilisée. Un protocole secret prévoit une réduction de 0,5 % du taux d'intérêt. Ce crédit permettra à l'URSS de financer sur une période de deux ans ses achats de produits industriels allemands : machineries, machines-outils, matériel de guerre (optiques, blindage). L'Union soviétique remboursera à partir de 1946 par des livraisons de matières premières.

En outre, l'Allemagne a conditionné l'octroi de ce crédit à l'engagement de l'URSS de lui livrer sans délai des matières premières dans le cadre de relations commerciales courantes. 
Dans le cadre de ce partenariat commercial, l'URSS s'engage à livrer des matières premières pour un montant de 180 millions de marks dans les deux années qui suivent la signature de l'accord. Il s'agit notamment de pétrole, de platine, de coton, de bois, de céréales pour l'alimentation animale et de phosphate. En contrepartie, l'Allemagne livrera des produits industriels pour un montant de 120 millions de marks.

Karl Schnurre souligne aussi le succès économique et politique de l'accord du 19 août 1939 :

Economique puisque le montant des échanges entre les deux pays pour les années à venir s'élèvera à 1 milliard de marks : aux 500 millions déjà mentionnés s'ajoutent 200 millions de livraisons soviétiques pour rembourser le crédit accordé en 1935, 100 millions d'intérêts composés pour les crédits en cours et passés et enfin un montant indéterminé pour les biens qui ne sont pas spécifiés dans l'accord. 
Il précise qu'il ne tient pas compte des livraisons soviétiques qui seront faites à partir 1946 pour rembourser le crédit accordé en 1939. 

Politique puisqu'il permet aux deux pays de renouer des contacts et d'envisager favorablement de nouvelles négociations.

Succès pour l'Allemagne nazie, l'Accord de commerce et de crédit germano-soviétique l'est aussi pour l'URSS comme l'illustre le discours prononcé le 31 août 1939 devant le Soviet suprême par le Chef du gouvernement soviétique, Viatcheslav Molotov :

"Déjà l'été de cette année, le gouvernement allemand proposa de reprendre les pourparlers de commerce et de crédit. Ces pourparlers furent bientôt repris. Grâce à des concessions réciproques on parvint à un accord. On sait que cet accord fut signé le 19 août.

Ce n'était point le premier accord de commerce et de crédit avec l'Allemagne sous le gouvernement actuel, mais cet accord diffère dans un sens plus favorable non seulement de l'accord de 1935, mais aussi de tous les accords précédents sans parler des accords économiques avec l'Angleterre, la France ou d'autres pays qui n'ont jamais été si avantageux pour nous. L'accord est avantageux pour nous grâce à ses conditions de crédit (crédit de sept ans), et il nous donne en plus la possibilité de commander une importante quantité de matériel dont nous avons besoin. Par cet accord l'U.R.S.S. garantit à l'Allemagne la vente d'une quantité déterminée de nos matières premières en excédent pour son industrie, ce qui est entièrement dans l'intérêt de l'U.R.S.S. Pourquoi refuserions-nous un accord économique si avantageux pour nous ? Serait-ce pour faire plaisir en général à quiconque ne voudrait point que l'Union soviétique réalisât un accord économique avantageux avec d'autres pays ? Or il est clair que l'accord de commerce et de crédit avec l'Allemagne est tout entier dans l'intérêt de l'économie nationale et dans l'intérêt de la défense de l'Union soviétique. Un tel accord répond aux décisions du dix-huitième congrès de notre parti, lequel a approuvé les suggestions du camarade Staline sur la nécessité de « renforcer les relations d'affaires avec tous les pays »".

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