"Non ! au misérable de Gaulle et ses amis qui veulent faire massacrer les Français pour le compte de la bourgeoisie anglaise."

Partisan de la Paix avec l'Allemagne nazie par fidélité au Pacte germano-soviétique, le Parti communiste a condamné jusqu'au 22 juin 1941, jour de l'invasion de l'URSS par les armées allemandes, le Général de Gaulle et toute forme de Résistance.

L'engagement pacifiste du Parti communiste s'est concrétisé dans son programme de gouvernement publié en février 1941 sous le titre "Pour le salut du peuple de France" qui proposait en matière de politique extérieure les mesures suivantes :

1° Libération du territoire national et des prisonniers de guerre. Pour mener cette tâche à bien, le Gouvernement du Peuple mettrait tout en œuvre pour établir des relations PACIFIQUES avec tous les peuples; il s'appuierait sur la puissance que lui conféreraient LA CONFIANCE DU PEUPLE FRANCAIS, LA SYMPATHIE DES AUTRES PEUPLES ET L'AMITIE DE L'UNION SOVIETIQUE.

2° Etablissement de rapports fraternels entre le peuple français et le peuple allemand en rappelant l'action menée par les communistes et par le peuple français contre le traité de Versailles, contre l'occupation du bassin de la Rhur, contre l'oppression d'un peuple contre un autre peuple.

3° Conclusion d'un pacte d'amitié et d'un traité commercial avec l'URSS et poursuite résolue d'une politique  de paix destinée à tenir la France en dehors du conflit impérialiste.

Quant à sa condamnation du Général de Gaulle et de toute forme de Résistance le Parti communiste l'a manifestée sur de nombreux supports écrits :

1) Presse :

L'Humanité n° 58 du 1 juillet 1940 (Organe central du PCF) :

PAS POUR L'ANGLETERRE
"Le Général de Gaulle et autres agents de la finance anglaise voudraient faire battre les Français pour la City et ils s'efforcent d'entraîner les peuples coloniaux dans la guerre.
Les Français répondent le mot de Cambronne à ces Messieurs; quant aux peuples coloniaux ils pourraient bien profiter des difficultés que connaissent leurs oppresseurs pour se libérer. VIVE L'INDEPENDANCE DES PEUPLES COLONIAUX."

Notre jeunesse de septembre-octobre 1940 (Revue des Jeunesses communistes) :
"Les jusqu'au-boutistes de la guerre impérialiste réfugiés à Londres n'apportent aucune solution.
La jeunesse française refuse de s'inscrire dans un l'un ou l'autre des camps impérialistes. Elle n'acceptera de verser son sang ni pour la clique de Londres avec ses de Gaulle, ni celle de Vichy avec ses Laval." 

L'Avant-Garde n° 20 du 13 octobre 1940 (Organe central des Jeunesses communistes) :
"Et maintenant les Doriot, les Gitton et les De Gaulle voudraient nous faire recommencer la guerre au profit d'une des nations belligérantes.
Comme le disait Vaillant-Couturier Jeunesse de France, UNISSONS-NOUS POUR L'INDEPENDANCE DE LA FRANCE ET POUR LA PAIX." 
"La Jeunesse de France ne veut faire la guerre ni pour De Gaulle, ni pour les maîtres de Doriot, elle veut la Paix dans l'indépendance."

 L'Humanité n° 86 du 31 octobre 1940 (Organe central du PCF) :
"Nous ne voulons pas que des soldats français se fassent tuer, ni pour de Gaulle, ni pour Doriot et Déat, car ce n'est pas en associant son destin à un des groupes impérialistes en guerre que la France pourra se sauver; elle ne se sauvera qu'en se débarrassant de l'odieux régime capitaliste.

L'Avant-Garde n° 22 de novembre 1940 (Organe central des Jeunesses communistes) :
"Les jeunes français et françaises n'attendent rien du Général de Gaulle passé au service de l'impérialisme anglais."

∗ La Voix du peuple n° 1 du 25 novembre 1940 (Organe de la Région Puy-de-Dôme du PCF )
"La position des communistes français est claire : ils sont contre de Gaulle, agent de l'impérialisme Anglais, jusqu'au-boutiste avec la peau des autres. Ils sont contre le Gouvernement Pétain-Laval, valet de Hitler et qui veut entraîner à nouveau la France dans la guerre Impérialiste. Ils luttent pour une France socialiste, libre et indépendante, pour la libération Nationale et Sociale de leur Pays."

L'Avant-garde n° 31 du 12 janvier 1941 (Organe central des Jeunesses communistes) :
"Les deuils et la misère ne vous suffisent pas MM. les bourreaux de la jeunesse : vous caressez de nouveaux projets guerriers ! Mais, encore fois la jeunesse ne marche pas, ni pour Pétain, ni pour Hitler, ni pour de Gaulle et les mots d'ordres (sic) : A bas la guerre impérialiste !, réalise l'unanimité des jeunes encasernés avec Vive la classe !"

∗ L'Humanité n° 100 du 14 février 1941 (Organe central du PCF) :
"Ainsi les tenants de l'impérialisme anglo-américain et ceux de l'impérialisme allemand montrent leur vrai visage d'ennemi du peuple. Les travailleurs n'ont pas à choisir entre eux; ils n'ont pas à choisir entre Laval qui veut la victoire de l'impérialisme allemand parce que c'est son intérêt, et DE GAULLE qui veut la victoire de l'impérialisme anglais parce que c'est son intérêt".

∗ L'Humanité n° 102 du 5 mars 1941 (Organe central du PCF) :
"Sans doute les clans germanophiles et anglophiles qui existent dans les milieux capitalistes français se combattent sournoisement, mais Laval, Deloncle et Jean Goy sont rejoints dans leurs plans de destruction des libertés populaires par de GAULLE et LARMINAT. Les serviteurs de l'Allemagne et de l'Angleterre veulent, aussi bien les uns que les autres, détruire à jamais les libertés publiques et nous imposer l'horrible régime du sabre et du coffre-fort."

L'Humanité numéro spécial imprimé du 18 mars 1941 (Organe central du PCF) :
"Si l'occupation de la France par l'Allemagne suffit à fournir la preuve que le « nouvel ordre européen » de M. Hitler signifierait pour la France un scandaleux asservissement, il n'est pas moins certain que le mouvement des de Gaulle et de Larminat, foncièrement réactionnaire et antidémocratique, ne vise à rien d'autre, lui aussi, qu'à priver notre de pays de toute liberté au cas d'une victoire anglaise."

La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime n° 1 d'avril 1941 (Organe de la Région Bretagne du PCF) :

Être Degaulliste...
C'est avoir les pieds bien au chaud, le ventre plein et planter des petits drapeaux marquant les points de débarquement des Anglais en France.
C'est aussi pousser de jeunes gars à embarquer sur de mauvaises barques, les faire s'engager dans les rangs anglais pour se faire tuer.
C'est encore pousser de pauvres folles à déchirer les affiches allemandes, de non moins pauvre gars à couper un câble électrique pour se faire fusiller après par les Allemands. 
C'est surtout vouloir que les peuples s'entretuent pour le plus grand plaisir des Anglais et revenir au beau temps de MM. Daladier-Reynaud.

L'Avant-Garde n° 43 du 9 avril 1941 (Organe central des Jeunesses communistes) :
"La jeunesse ne veut pas devenir une génération rachitique et tuberculeuse ! Elle en a assez du blocus imposé à notre population par l'impérialisme anglais et ses valets de GAULLE et LARMINAT."

∗ L'Humanité n° 110 du 20 avril 1941 (Organe central du PCF) :
"A nous, communistes, de montrer à notre peuple que ce n'est ni dans la "collaboration-soumission" à l'impérialisme allemand, ni dans l'attente d'une soi-disant délivrance gaulliste que ses espérances doivent être placées."

∗ L'Humanité numéro spécial imprimé du 1er mai 1941 (Organe central du PCF) :

Les assassins de la liberté
En France, les autorités d'occupation protègent le gouvernement Pétain-Darlan-Belin qui interdit l'augmentation des salaires. Les mitrailleuses allemandes sont prêtes à taper dans le tas pour défendre les coffres-forts. Aux Etats-Unis, les ploutocrates menacent de la chaise électrique les ouvriers luttant pour leurs revendications et, en Angleterre, la presse communiste est interdite comme elle l'est par Pétain et Abetz dans notre pays.
Les impérialistes rivaux sont animés du même souci d'assassiner la liberté et quand les propagandistes anglais présentent le mouvement gaulliste comme un mouvement démocratique, ils mentent effrontément. Ce général à particule veut non pas la liberté de notre pays, il veut le triomphe des intérêts impérialistes auxquels il a lié son sort.
Ouvriers, paysans, ce n'est pas vers les de Gaulle, de Larminat et autres réactionnaires de même accabit qu'il faut tourner vos regards, et ce n'est pas des V qu'il faut écrire sur les murs, mais c'est l'emblème de la faucille et du marteau qu'il faut dessiner partout.

La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime n° 3 de mai 1941 (Organe de la Région Bretagne du PCF) :
"Nous disons, Non ! aux misérables de Brinon, Pétain, Darlan, Déat et consort, qui, sous prétexte de collaboration, veulent faire de nous les soldats, les marins d'Hitler.
Nous disons, Non ! au misérable de Gaulle et ses amis qui veulent faire massacrer les Français pour le compte de la bourgeoisie anglaise.
Nous ne voulons plus servir de champ clos aux querelles sanglantes (pour les peuples) des capitalistes.
Nos villes de Brest, Lorient, St-Nazaire, sont bombardées plusieurs fois la semaine par le R.A.F et, à chaque fois, c'est par dizaines que se comptent les malheureuses et innocentes victimes des banquiers de la cité et des ploutocrates de Berlin.
Oui ! Assez  ! La France aux Français ! A bas la guerre impérialiste !
Sachez que seul un Gouvernement du Peuple, s'appuyant sur l'Union Soviétique, peut mettre fin à cette guerre dans notre pays."

L'Humanité n° 117 du 13 juin 1941 (Organe central du PCF) :
"Depuis le 8 juin dernier, date de l'entrée des troupes anglaises et des soldats de de Gaulle en Syrie et au Liban, le sang français coule."

∗ L'Humanité n° 118 du 20 juin 1941 (Organe central du PCF) :
"Les traitres de Vichy font tuer des français en Syrie pour l'Allemagne, tandis que de GAULLE et CATROUX en font tuer d'autres pour l'Angleterre !"
"Quel hommage nous rend ainsi le vieux Maréchal traître et profiteur de la défaite, mais ce vieux criminel aux mains rouges de sang  n'a pas dit un mot de la Syrie, de cette guerre dans laquelle il fait tuer des enfants de France pour l'Allemagne, de même que de Gaulle et Catroux font tuer d'autres français pour l'Angleterre."


2) Tract :

∗ Appel au "Peuple de Paris !" publié vers le 25 juin 1940 : 
"C'est en vain que les agents de l'impérialisme britannique essayent maintenant de persuader le Peuple de France qu'il doit poursuivre la guerre pour le compte des financiers de la Cité et, tandis que ces messieurs tentent d'étendre le feu de la guerre aux colonies, les communistes disent aux peuples coloniaux : "Mettez à profit les difficultés de vos oppresseurs pour briser vos chaînes, pour vous libérer, pour conquérir votre indépendance"."

"Lettre aux militants communistes" de M. Thorez et J. Duclos publiée en nov/déc 1940 :
"C'est pourquoi on tentera peut-être d'entraîner à nouveau notre malheureux pays dans la guerre impérialiste, les traîtres Doriot et Gitton voulant que les français mettent « SAC AU DOS » pour faire la guerre à l'Angleterre afin d'aider l'Allemagne, les agents de de Gaulle voulant faire tuer des Français pour aider l'Angleterre dans sa lutte contre les allemands."

"Certains Français et certaines Françaises qui souffrent de voir notre pays opprimé par l'envahisseur placent à tort leurs espérances dans le mouvement de Gaulle. A ces compatriotes, nous disons que ce n'est pas derrière un tel mouvement d'inspiration REACTIONNAIRE ET COLONIALISTE, à l'image de l'impérialisme britannique, que peut se réaliser l'unité de la Nation française pour la libération nationale."


3) Papillon :

"Ni Berlin ni Londres"  (papillon de  novembre 1940)
"Ni Pétain Ni De Gaulle" (papillon de janvier 1941)
"Ni Pétain ni de Gaulle Ni Flandin ni Churchill"
(papillon janvier de 1941)
"ni la peste ni le choléra ni Pétain ni de Gaulle"
 (papillon de janvier 1941)


4) Affiche : 




5) Inscription murale : 

"Ni Hitler, ni de Gaulle, la France libre, indépendante" (Notre propagande n° 1 mai 1941).


6) Messages échangés entre le PCF et l'IC : 

Lettre du 30 juin 1940 de Jacques Duclos, secrétaire du PCF, envoyée à l'IC :
"Politique Extérieure 
Maintien de l'armistice et répression énergique de toute action tendant à entraîner à nouveau le peuple français dans la guerre.
Soutien des peuples coloniaux dans la lutte pour leurs revendications et leur indépendance
Conclusion d'un pacte d'amitié avec l'URSS qui compléterait le pacte germano-soviétique et constituerait un important facteur de pacification européenne"

∗ Télégramme du 27 janvier 1941 de l'Internationale communiste signé Maurice Thorez, secrétaire général du PCF et André Marty, secrétaire de l'IC, (Moscou) adressé à Jacques Duclos, secrétaire du PCF (Paris) :
"critiquant [critiquer] ligne antidémocratique mouvement de Gaulle".

∗ Télégramme du 26 avril 1941 de l'Internationale communiste signé Georges Dimitrov, secrétaire général de l'IC, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, et André Marty, secrétaire de l'IC, (Moscou) adressé à Eugène Fried, représentant de l'IC du PCF (Bruxelles) :
"Partant de ce point de vue, il [le parti] ne prend pas position hostile envers partisans du mouvement de Gaulle tout en critiquant avec mesure ses positions réactionnaires et colonialistes."


 7) Demande officielle aux autorités allemandes :

∗  Demande de parution de l'Humanité sous censure allemande du 26 juin 1940 :
 "L'Humanité, publiée par nous, se fixerait pour tâche de dénoncer les agissements des agents de l'impérialisme britannique".

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