"Le Pacte de non-agression entre l'URSS et l'Allemagne. Grande victoire de la paix"

Engagée dans des négociations avec la France et l'Angleterre devant aboutir à la conclusion d'un Pacte d'assistance mutuelle, l'Union soviétique signe dans la nuit du 23 au 24 août 1939 à la surprise générale un Pacte de non-agression avec l'Allemagne nazie.

Les premières réactions à cette volte-face montrent que la crainte d'une guerre imminente a succédé à l'espoir d'une paix garantie par la sécurité collective :

Edouard Daladier, président du Conseil, déclare le 25 août 1939 dans une allocution radiodiffusée que "les circonstances obscures dans lesquelles ce Pacte a été négocié, l'heure à laquelle il a été publié, les termes de ses articles, démontrent clairement qu'il augmente les chances d'une agression contre les amis de la France et contre la France elle-même".

La commission des Affaires étrangères de la Chambre qui se réunit le même jour considère dans une motion que le Pacte "loin d'écarter le danger de guerre ne fait que l'aggraver".

Dernier exemple, Léon Blum écrit dans Le Populaire du 25 août 1939 qu'en "signant leur pacte équivoque avec tant d'éclat au moment le plus aigu de la crise, quand la guerre dépend de la seule détermination de Hitler, quand le plus léger déplacement de forces en sa faveur, le plus léger signe de trouble et de désarroi de la part des opinions et des gouvernements démocratiques peut faire prévaloir dans l'esprit du Führer la décision fatale, les Soviets ont porté un coup bien rude à la cause de la paix."

Garantissant à Hitler de ne faire la guerre que sur un seul front, le Pacte germano-soviétique est unanimement condamné à l'exception des organisations communistes dont la position peut être résumée par le titre d'un tract diffusé en août 1939 par la fédération communiste du Pas-de-Calais : "Le Pacte de non-agression entre l'URSS et l'Allemagne. Grande victoire de la paix".


L'Internationale Communiste
approuve le Pacte germano-soviétique

Instrument au service de la politique extérieure de l'URSS, l'internationale communiste (IC) se mobilise en faveur du Pacte germano-soviétique en adressant dès le 22 août 1939, soit la veille de sa signature, le télégramme suivant à ses sections :

"Communiquez tous les partis communistes notre conseil au sujet des pourparlers de l'Allemagne avec [l'] URSS. Il faut que nos camarades passent à l'offensive contre presse bourgeoise et social-démocrate.
Premièrement, il faut souligner que, même si l'URSS conclut pacte non-agression avec l'Allemagne, [cela] n'exclut aucunement possibilité et nécessité accord entre Angleterre-France-Union Soviétique pour résistance commune contre agresseurs. [...]
Quatrièmement, URSS, par son désir conclure pacte non-agression avec l'Allemagne, porte une aide aux petits pays baltique voisins et contribue efficacement à la consolidation de la paix générale. [...]
Sixièmement, URSS divise force des agresseurs et a mains libres contre Japon pour aider effectivement peuple chinois.
Septièmement enfin, c'est un moyen pour obliger gouvernement anglais et français passer à la conclusion du pacte avec URSS. Il est nécessaire en même temps indiquer aux partis qu'ils doivent continuer avec encore plus énergie leur lutte antifasciste contre agresseur et surtout fascisme allemand". (1)

Les membres de l'IC, dont la Section française de l'Internationale communiste (SFIC) autrement dit le Parti communiste français (PCF), reçoivent les consignent suivantes :
- Soutenir le Pacte germano-soviétique en arguant qu'il est un facteur de Paix et de division du Pacte antikomintern (traité signé par l'Allemagne, le Japon, l'Italie, l'Espagne, la Hongrie et le Mandchoukouo).
- Défendre la conclusion d'un accord anglo-franco-soviétique en soulignant que ce n'est pas incompatible avec la signature du Pacte germano-soviétique.
- Maintenir une rhétorique anti-hitlérienne.

L'engagement de pure forme en faveur d'un accord anglo-franco-soviétique vise un double objectif de propagande : 1) affirmer que l'échec de ces négociations est dû à la France et à l'Angleterre et non au rapprochement diplomatique entre l'URSS et l'Allemagne, 2) soutenir que la signature du Pacte germano-soviétique est la conséquence directe de cet échec et non la concrétisation du changement de politique esquissé par Staline dans le discours qu'il a prononcé le 10 mars 1939 au XVIIIe Congrès du Parti communiste de l'URSS.


Le Parti communiste français
approuve le Pacte germano-soviétique

Le Parti communiste français apporte publiquement son soutien au Pacte germano-soviétique en publiant dans l'Humanité du 25 août 1939 la Déclaration suivante :
 
"Au moment où l'UNION SOVIETIQUE apporte une nouvel et inappréciable contribution à la sauvegarde de la paix constamment mise en péril par les fauteurs de guerre fascistes, le Parti communiste français adresse au Pays du socialisme, à son Parti et à son grand chef Staline, un salut chaleureux. [...]
Ce succès que l'Union soviétique vient de remporter, nous le saluons avec joie car il sert la cause de la paix.
La conclusion d'un tel pacte de non-agression ne peut que réjouir tous les amis de la paix, communistes, socialistes, démocrates, républicains. `
Tous savent qu'un tel pacte aura comme unique conséquence la consolidation de la paix. Tous savent qu'il ne privera aucun peuple de sa liberté, qu'il ne livrera aucun arpent de terre d'une nation quelconque, ni une colonie. [...]
Le pacte de non-agression qui vient d'être signé à MOSCOU est un coup direct à l'agression.
Comme l'attestent les nouvelles du Japon agresseur de la Chine, et de l'Espagne franquiste, il divise, et par conséquent affaiblit, le camp des fauteurs de guerre qui s'étaient unis sous le signe du pacte antikomintern.
Le désarroi qui règne parmi les alliés du fascisme hitlérien suffit à montrer, et dans les semaines qui viennent les peuples s'en convaincront mieux encore, que l'U.R.S.S. vient de rendre un inoubliable service à la cause de la paix, à la sécurité des peuples menacés, et de la France en particulier.
Et si quelques chefs socialistes ont estimé devoir prendre place dans le chœur fasciste et réactionnaire pour injurier l'UNION SOVIETIQUE, ils seront condamnés par tous les travailleurs, y compris les travailleurs socialistes. [...]
La paix, c'est le bien précieux des hommes. [...]
Dans le vrai combat contre le fascisme agresseur, le Parti communiste revendique sa place au premier rang."

Le PCF justifie son soutien en avançant deux arguments : d'abord, le Pacte germano-soviétique "apporte une nouvel et inappréciable contribution à la sauvegarde de la paix", ensuite il "divise, et par conséquent affaiblit, le camp des fauteurs de guerre qui s'étaient unis sous le signe du pacte antikomintern". Le Parti communiste suit ainsi fidèlement les consignes de l'Internationale communiste contenues dans le télégramme du 22 août 1939.

On notera aussi que le Parti communiste affirme incarner "le vrai combat contre le fascisme agresseur" par opposition aux "chefs socialistes" qui en condamnant le Pacte germano-soviétique ont estimé que leur devoir était de "prendre place dans le chœur fasciste et réactionnaire pour injurier l'UNION SOVIETIQUE".


Le groupe parlementaire communiste
approuve le Pacte germano-soviétique

Le 25 août 1939,  le groupe parlementaire communiste, qui regroupe députés et sénateurs du PCF, se réunit à la Chambre pour prendre position sur le Pacte de non-agression signé entre l'Allemagne et l'URSS. Au terme de cette réunion il adopte un communiqué de presse dans lequel il approuve le Pacte germano-soviétique en reproduisant l'exposé que leur a fait Maurice Thorez : 

"M. Maurice Thorez, à la réunion du groupe parlementaire communiste qui s'est tenue cet après-midi, a fait un exposé de la situation générale. Il a notamment déclaré :
« Nous nous trouvons de nouveau, un an après Munich, en présence d'une situation où les peuples peuvent être entraînés, d'un moment à l'autre, dans la guerre.
Le fascisme hitlérien, toujours avide de nouvelles conquêtes, est une menace constante pour la sécurité des peuples.
Que peut-on faire pour empêcher toute nouvelle agression?
L'Union soviétique, fidèle à sa politique de paix, a entrepris une politique de dislocation du bloc des agresseurs qui s'étaient unis sur la base du pacte antikomintern.
Le pacte germano-soviétique, comme le signalait encore ce matin le Petit Parisien « remplit de stupeur les Japonais, les Espagnols et les Hongrois ».
En agissant ainsi, l'U.R.S.S. a mis en échec le plan de Munich.
Mais si Hitler, malgré tout, déclenche la guerre, alors qu'il sache bien qu'il trouvera devant lui le peuple de France uni, les communistes au premier rang, pour défendre la sécurité du pays, la liberté et l'indépendance des peuples.
C'est pourquoi notre parti communiste approuve les mesures qui ont été prises par le gouvernement pour garantir nos frontières et apporter le cas échéant l'aide nécessaire à la nation qui pourrait être agressée et à laquelle nous sommes liés par un traité d'alliance.
C'est parce que nous avons le souci de la paix et de la sécurité française que nous souhaitons la conclusion de l'alliance franco-anglo-soviétique qui reste parfaitement possible et nécessaire.
Une telle alliance compléterait et préciserait utilement le pacte franco-soviétique d'assistance mutuelle toujours en vigueur.
Les communistes, en ces graves circonstances, appellent à l'union de tous les Français grâce à laquelle les fauteurs de guerre fascistes seront contraints de reculer. »
Le groupe parlementaire a approuvé entièrement l'exposé de M. Maurice Thorez."

Le député de la Seine fait devant le groupe parlementaire communiste un exposé en totale conformité avec les Instructions de l'IC du 22 août 1939.

Dans son intervention Maurice Thorez soutient le Pacte germano-soviétique en arguant qu'il contribue à la Paix et à la "dislocation du bloc des agresseurs". Il plaide, ensuite, en faveur de la signature d'un accord anglo-franco-soviétique. Enfin, dans l'hypothèse d'une guerre déclenchée par l'Allemagne, hypothèse impossible si l'on considère que le Pacte germano-soviétique est un facteur de paix, il souligne que les communistes seront "au premier rang" du combat contre le fascisme allemand. C'est donc dans ce cadre qu'il apporte le soutien du Parti communiste au gouvernement Daladier et à "la nation qui pourrait être agressée et à laquelle nous sommes liés par un traité d'alliance" c'est-à-dire... la Pologne qui n'est même pas citée.

Le secrétaire général du PCF peut ainsi provisoirement concilier ces deux positions :
- Soutien de l'URSS qui avec le Pacte germano-soviétique écarte tout risque de guerre avec l'Allemagne.
- Défense de la France dans l'hypothèse d'une guerre déclenchée par l'Allemagne.

En désaccord avec la position du groupe parlementaire, les deux députés de Dordogne, Gustave Saussot et Paul Loubradou, rompent avec le PCF en adressant le lendemain leur lettre de démission à Jacques Duclos, secrétaire du groupe communiste à la Chambre. Ce sont les deux premiers élus du PCF à condamner le Pacte germano-soviétique.


L'Humanité et Ce Soir
approuvent le Pacte germano-soviétique

L'Humanité du 25 août 1939 (édition parisennne) approuve à sa une le Pacte germano-soviétique en affirmant que : "L'action  de  l'Union  Soviétique  par  le  pacte  de  non-agression  avec  l'Allemagne CONCOURT A RAFFERMIR LA PAIX GENERALE. Elle jette le désarroi dans le camp fasciste et transforme heureusement la situation en Extrême-Orient. A Paris et à Londres de conclure l'accord avec l'URSS pour organiser la résistance commune à l'agresseur ! ".

L'argumentaire développé par l'organe central du PCF est conforme à la directive de l'IC du 22 août 1939.

L'autre quotidien communiste, Ce Soir, publie dans son numéro du 25 août 1939 (diffusé le 24 août au soir) l'éditorial de Louis Aragon intitulé "Tous contre l'agresseur" approuvant le Pacte germano-soviétique et qui se termine sur ces lignes :

"Et si on veut poursuivre vraiment la lutte contre l'hitlérisme avec l'appui entier des antihitlériens convaincus. Il n'y a pas à hésiter : que les gouvernements français et anglais signent à Moscou le pacte de la paix.
« Tous contre l'agresseur »...
Est-ce clair ?"

Avec cynisme, Aragon appelle, au cri de "« Tous contre l'agresseur »", la France et l'Angleterre à conclure un Pacte d'assistance mutuelle avec l'URSS alors que l'article 4 du Pacte germano-soviétique l'interdit expressément :

"Article 4. Aucune des deux parties contractantes ne participera à un groupement de puissances dirigé, directement ou indirectement, contre l'autre partie;"

En approuvant la signature du Pacte germano-soviétique et en attribuant l'échec des négociations du Pacte anglo-franco-soviétique d'assistance mutuelle au "gouvernements français et anglais" qui en refusant de le signer manifeste leur opposition à "poursuivre vraiment la lutte contre l'hitlérisme", Aragon respecte scrupuleusement les recommandations de l'IC du 22 août 1939.

A la suite de la diffusion de ces deux numéros, les derniers légalement publiés, l'Humanité et Ce Soir seront successivement saisis, suspendus et interdits.

Dans l'après-midi du 25 août 1939, la police procède dans les deux journaux à la saisie du numéro prêt à être diffusé dans la soirée : l'Humanité du 26 août 1939 (édition de province) - et Ce Soir du 26 août 1939.

Le lendemain, le ministre de l'Intérieur Albert Sarraut suspend par arrêté l'Humanité et Ce Soir en vertu du décret-loi du 24 août 1939 qui autorise la suspension de "tout journal ou écrit périodique ou non dont la publication est de nature à nuire à la défense nationale".

La saisie et la suspension des deux quotidiens de la presse communiste reposent sur un même motif : leur soutien au Pacte germano-soviétique.

Dernier élément, les deux journaux entre dans le champ d'application du décret-loi du 26 septembre 1939 prononçant la dissolution des organisations communistes qui interdit la publication, sous quelque forme que ce soit, de tous écrits émanant de ces organismes.   

Dans son intervention devant le Sénat le 19 mars 1940, Albert Sarraut dresse le bilan de la répression des activités communistes dans plusieurs domaines et notamment celui de la presse :

Passons à la presse. Le parti communiste disposait d'une très importante presse quotidienne ou hebdomadaire en tête de laquelle s'inscrivaient l'Humanité, avec un tirage quotidien de plus de 300 000 exemplaires qui, le dimanche, allait jusqu'à 500 000, et le journal Ce Soir, dont le tirage quotidien était de 240 000 exemplaires.
Cette presse est morte. Il n'en reste plus rien. En effet, après la suspension de l'Humanité et de Ce Soir, dès le 27 août, 159 autres journaux communistes ou revues, dont 92 pour Paris et 67 pour la province, ont disparu de la circulation, y compris les journaux étrangers communisants auxquels nous avons interdit de paraître en France.

Pour terminer, on mentionnera qu'à l'été 1940, le Parti communiste négociera avec les autorités allemandes pour obtenir l'autorisation de faire paraître légalement l'Humanité et Ce Soir qui sont alors suspendus depuis le 26 août 1939 en raison de leur soutien... au Pacte germano-soviétique.


Les élus et militants communistes approuvent
 le Pacte germano-soviétique

Pour terminer on mentionnera trois tracts communistes favorables au Pacte germano-soviétique :

1) Tract "Moscou montre la voie de la PAIX" :

Moscou montre la voie de la Paix !
 
L'URSS vient de signer un traité de commerce très avantageux pour elle avec l'Allemagne et celle-ci s'apprête à signer avec l'Union Soviétique un pacte de non-agression. [...]
Moscou nous montre 
la voie de de la PAIX !
Français,
Nous voulons la Paix. [...]
Et maintenant, que nos ministres aillent vite à Moscou signer le Pacte Anglo-Franco-Soviétique !
Cinq mois ont déjà été perdus PAR LA FAUTE DES NEGOCIATEURS FRANCO-ANGLAIS !
Exiger que l'on signe, ET VITE.
L'URSS avec nous et
la Paix est sauvée !

[...]
- Lecteur de ce tract : Aidez notre action pour la Paix, envoyez-nous 4 frs en timbres-postes, vous recevrez 100 tracts de ce modèle que vous pourrez diffuser dans votre entourage, (à Mme Suzanne Cagé, 24 rue des Augustins, Lille, Nord).

A l'annonce le 22 août 1939 de l'ouverture de négociations entre l'URSS et l'Allemagne devant aboutir à la signature d'un pacte de non-agression, la section de Lille des Amis de l'URSS rédige et diffuse le tract "Moscou montre la voie de la PAIX". Dans ce tract l'organisation communiste, qui par ailleurs publie la revue Russie d'aujourd'hui, approuve par avance le Pacte germano-soviétique au motif qu'il permettra de préserver la Paix et appelle pour la même raison l'Angleterre et la France à conclure un accord avec l'URSS.

Responsable de la section de Lille des "Amis de l'URSS, Suzanne Cagé ainsi que deux autres militants communistes seront condamnés pour la diffusion de ce tract : "Le tribunal correctionnel de Lille a condamné à six mois de prison et 1.000 francs d'amende Suzanne Cagé, vingt-huit ans, secrétaire de la Fédération des Amis de l'URSS et à trois mois de prison, Henri Tarre et Adonis Duval, pour distribution de tracts approuvant le pacte germano-soviétique." (Le Petit Parisien du 10 septembre 1939).

- Tract "Le Pacte de non-agression entre l'URSS et l'Allemagne. Grande victoire de la paix".

Pour saluer la signature du Pacte germano-soviétique, la fédération communiste du Pas-de-Calais diffuse le tract "Le Pacte de non-agression entre l'URSS et l'Allemagne. Grande victoire de la paix", signé par quatre secrétaires fédéraux : Cyprien Quinet, député communiste du Pas-de-Calais, Henri-Joseph Thiebaut, maire de Lievin, René Camphin et Auguste Lecoeur, dans lequel on peut lire que "le peuple français se félicitera de cette grande victoire menée de maître par le génial Staline, apôtre de la paix".  (2)

A la suite de leur arrestation le 26 août 1939 (3), puis de leur audition par le juge d'instruction Deswarte, Cyprien Quinet et René Camphin sont inculpés pour la diffusion de ce tract avant d'être placés en détention provisoire (4). Quelques jours plus tard, ils seront condamnés à trois mois de prison (5). Interpellés les deux autres signataire du tract incriminé seront remis à l'autorité militaire (6).

3) Tract "SAUVONS LE PAYS ET LA PAIX !" :

SAUVONS LE PAYS ET LA PAIX !

Les Communistes sont les meilleurs combattants de la Paix [...]
Aujourd'hui encore, les communistes sont les meilleurs combattants de la Paix et de la Démocratie. C'est pourquoi on veut étouffer leur voix c'est pourquoi on suspend L'HUMANITE.
Victoire de la Paix  
LE PACTE DE NON-AGRESSION GERMANO-SOVIETIQUE est une victoire de l'Union Soviétique et une victoire de la Paix. [...]
LE PACTE GERMANO-SOVIETIQUE a jeté la désunion parmi les dictateurs fascistes. Il porte un coup au pacte antikomintern. Il a affaibli le fascisme international et servi ainsi la cause de la Paix. [...]
Si la guerre surgit malgré leur volonté, les Communistes sauront remplir leur devoir pour la défense du Pays et de la Démocratie contre la barbarie fasciste.

Rédigé entre le 26 août (suspension de l'Humanité) et le 1er septembre (déclenchement de la guerre), le tract "Sauvons le pays et la Paix" est centré sur les deux points suivants :
1) les communistes soutiennent le Pacte germano-soviétique au motif que cet accord est un facteur de Paix et de division des dictatures fascistes.
2) les communistes défendront la France en cas de guerre avec l'Allemagne.

Par son contenu, ce tract est conforme à la ligne défendue par le PCF depuis la réception du télégramme de l'IC du 22 août 1939.


Dans sa Déclaration du 25 août 1939, le PCF affirme que le Pacte germano-soviétique "apporte une nouvel et inappréciable contribution à la sauvegarde de la paix". Pourtant le 1er septembre 1939 les armées du IIIe Reich envahissent la Pologne. En outre, il soutient que le Pacte germano-soviétique "divise, et par conséquent affaiblit, le camp des fauteurs de guerre". L'invasion de la Pologne par l'URSS le 17 septembre 1939 montre au contraire qu'il les réunit.


(1) B. Bayerlein, M. Narinski, B. Studer, S. Wolikow, Moscou, Paris, Berlin. Télégrammes chiffrés du Komintern, 1939-1941, 2003, pp. 60-62.
(2) A. Rossi, Les communistes français pendant la drôle de guerre 1939-40, p. 25.
(3) Journal officiel du 27 juillet 1949 p. 5274.
(4) Le Poplulaire du 1er septembre 1939.
(5) A. Rossi, Les communistes français pendant la drôle de guerre 1939-40, p. 25.
(6) Le Poplulaire du 1er septembre 1939.

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